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Comment faire en sorte que l’enseignement supérieur réponde aux besoins des marchés africains ? C’est l’une des questions à laquelle les participants à la conférence annuelle sur l’état de l’éducation en Afrique vont répondre. Organisée par l’Africa America institute (Aai), cette conférence est un cadre d’échange entre acteurs et responsables gouvernementaux pour trouver les moyens de relever les défis liés à ce secteur dans le continent.

Dakar accueille depuis hier la 5ème conférence annuelle sur l’état de l’éducation en Afrique. Cette rencontre, organisée par l’Africa America institute (Aai), est placée sous le thème de «L’émergence africaine». Du­rant deux jours, des conférenciers et panelistes vont échanger aux côtés d’acteurs de l’éducation, de responsables gouvernementaux et amorcer des idées entreprenantes pour transformer l’enseignement supérieur de façon à répondre aux marchés émergents de l’Afrique. Lors de l’ouverture de cette conférence, le président de l’Aai a beaucoup insisté sur la nécessité d’investir dans l’éducation pour apporter du savoir et faire en sorte que l’Afrique, avec son potentiel, joue son rôle dans le monde. Et pour lui, cela ne peut se faire qu’à travers l’éducation. Pour Koffi Appenteng, il faut que les jeunes générations soient conscientes de ce potentiel et qu’elles l’exploitent. Le président de cet institut a aussi parlé de la collaboration de sa structure avec les Etats de l’Afrique de l’Ouest et leurs instituts d’enseignement supérieur. D’après M. Appen­teng, des pays comme le Ghana et la Côte d’Ivoire, où cette conférence s’est déjà tenue, ont montré leur engagement. C’est ce qui est également attendu du Sénégal. D’après le président de l’Aai, on est encore au début des concertations avec les décideurs et les acteurs, il n’y a pas encore quelque chose de concret. Il espère toutefois que les discussions à la fin de cette conférence vont permettre d’avoir une base pour des programmes et des actions tangibles. M. Appenteng est convaincu que le développement de l’Afrique ne se fera pas sans une main-d’œuvre de qualité et des instituts capables de développer le savoir-faire des jeunes de ce continent. Pour cela, il soutient qu’il faut mettre l’accent sur la collaboration pour avoir des résultats bénéfiques. Donnant l’exemple du domaine de l’agriculture, il soutient qu’il faut développer des méthodes innovantes en Afrique qui permettront d’avoir des produits durables. Pour y arriver, le président de l’Aai estime qu’il faut des programmes pour tous les Etats africains et des investissements dans le domaine de l’éducation. Une idée allant dans le sens de celle du ministre de l’Ensei­gnement supérieur et de la recherche qui a relevé «les défis de la mise en œuvre d’un mécanisme d’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur, de développement de compétence». Cela, souligne Cheikh Ou­mar Anne, «en vue d’une meil­leure employabilité et insertion professionnelle des diplômés pour l’opérationnalisation d’un Cadre continental de certification et de qualification professionnelle (Acqf) comme prévu dans la Convention d’Addis-Abeba».
Par ailleurs, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui a présidé l’ouverture de cette conférence a fait savoir que l’éducation doit constituer un «véritable levier de développement pour notre continent». D’après Cheikh Oumar Anne, cela doit passer par «l’exploitation des résultats de la recherche et de l’innovation». Pour lui, «redynamiser l’enseignement supérieur en Afrique, c’est tout simplement le faire pour nos économies et doter nos pays de ressources humaines qualifiées, indispensables à leur émergence». Souli­gnant l’importance de cette rencontre, il soutient qu’elle «constitue une belle opportunité pour échanger sur les transformations requises par le secteur de l’éducation afin de construire les capacités des nouveaux professionnels et des acteurs de demain».

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