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Il est important de prendre toute la mesure de la signification de l’islamisation du continent comme facteur de développement. Telle est l’invite du Professeur Souleymane Bachir Diagne qui animait une conférence vendredi sous le thème «L’islam dans l’Afrique de l’Ouest pour une philosophie qui change».

«Il est important de prendre toute la mesure de la signification de l’islamisation du continent comme facteur de développement.» Ces mots viennent du Professeur Souleymane Bachir Diagne qui animait une conférence publique vendredi dernier au Centre ouest-africain de recherche (Warc). Partant du thème de la rencontre «L’islam dans l’Afrique de l’Ouest pour une philosophie qui change», ce Professeur de philosophie à l’Université de Columbia aux Etats-Unis s’est appesanti sur la façon dont l’islam s’est implanté en Afrique. «Il est bon de rappeler que l’islam en Afrique, c’est l’histoire d’une première rencontre qui a été placée sous le signe de la fraternité humaine et abrahamique lorsque vers l’an 615, avant l’hégire, les premiers musulmans qui devaient s’exiler de la Mecque pour fuir les persécutions trouvèrent refuge et hospitalité auprès d’une église», explique-t-il. Le Pr Diagne va ajouter que même si «on le sait, c’est bien de dire que la première fois que l’islam a pu s’introduire sur le continent africain, c’était pour se mettre sous la protection du christianisme». C’est aussi après la période de 645 jusqu’au 8e siècle qui a vu l’implantation de l’islam en Afrique du Nord avant de continuer dans la péninsule ibérique. «Ce fut l’histoire d’une lente pénétration du continent du Nord au Sud, des rives du désert du Sahel à l’Ouest et au Centre du continent. Cette pénétration s’est faite également depuis l’océan indien en Afrique orientale», fait-il savoir. Non sans souligner d’emblée dans son argumentaire que cette histoire est une tradition d’érudition et d’enseignement. «Une histoire intellectuelle et spirituelle qui a donné de la religion musulmane en Afrique pour l’essentiel, mais pas toujours, un visage de pacifisme, de pluralisme et de tolérance», dixit le philosophe.
Pour un bref historique de l’islamisation de la partie du continent au Sud du Sahara, le Pr Diagne propose que l’on considère l’Afrique de l’Ouest comme celle qui était appelée Soudan. A l’en croire, cette région a connu des guerres qui ont été menées au nom de la religion, en particulier au 19e siècle. «Ces djihads étaient prolongés par des mouvements dirigés durant les siècles précédents par des leaders musulmans contre les souverains traditionnels», appuie le philosophe qui estime qu’ainsi, en 1776, la révolution qui intervient dans le Fouta remplace la dynastie traditionnelle des Deniankés par un régime d’Almamya. Mais d’une manière générale, constate le conférencier, l’histoire de l’islamisation de l’ouest africain est moins le fait d’Etats et d’empires que de marchands érudits. «Ce sont les voies du commerce qui ont porté partout le message de la religion. Certains groupes ethniques traditionnellement commerçants se sont particulièrement illustrés dans l’histoire de l’expansion de l’islam dans la région», conclut le Pr Souleymane Bachir Diagne.
mfkebe@lequotidien.sn

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