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L’écrivain et économiste sénégalais, pour du renouveau en travaillant sur la culture et l’imaginaire, propose de résoudre la question des déséquilibres sociaux et politiques. Mais aussi de répondre aux besoins fondamentaux des peuples africains. Il s’exprimait lors d’une conférence publique tenue lundi au Raw material company sur le thème «culture et imaginaire du renouveau».

Dans le cadre de la 2e session du Raw academy, une conférence publique, sous le thème «la culture et l’imaginaire du renouveau», a été animée avant-hier au Raw material company. A cette occasion, le conférencier, Felwine Sarr, est revenu sur la définition de la culture de l’imaginaire et comment arriver à du renouveau. Selon lui, la culture à travers les possibilités d’informer ou de reconfigurer les imaginaires, a directement un impact sur la réalité, sur sa perception. Et par conséquent, si la culture a un impact sur la réalité et sur la perception de la réalité, elle a aussi un impact sur les pratiques sociales. «La culture peut être envisagée comme un espace où se retrouvent les consensus sociaux, normes so­cia­les, mais également comme le lieu des cultures, des recompositions et des renouvellements», définit-il.
D’après M. Sarr, la culture qui  sera envisagée ici comme l’ensemble des œuvres de l’esprit, nécessite de la créativité dans la production des œuvres d’esprit qui sont liées à l’éducation des individus. A partir de là, mentionne-t-il, la culture est une manière de saisir et d’explorer la réalité. Et pour définir l’imaginaire, il souligne qu’ici, l’imaginaire est un espace de liberté à travers lequel l’homme se donne à voir le monde. «C’est une indiscernabilité du réel et de l’irréel», soutient-il. Mais comment on peut accéder à du renouveau et pourquoi le renouveau ? Pour Felwine Sarr, le continent africain est un lieu de cloisonnement de cultures, sollicité géographiquement, et d’un manque d’organisation sociale. En dépit de cette diversité qui est l’une de ses richesses, dit-il, les nations africaines partagent le même destin. «Le continent africain est, on le sait tous, confronté à de multiples défis qui sont politiques, éducationnels, sécuritaires, etc. Alors il s’agit de résoudre la question des déséquilibres sociaux et politiques, et de répondre aux besoins fondamentaux des peuples africains», préconise-t-il.

 La théorie du renouveau
Mais pour créer ce renouveau, il ne s’agit pas seulement de répondre aux défis que l’on connait, fait-il savoir. Il faut aller au-delà, dit-il. «Il nous arrive souvent de dire que l’un des espaces privilégiés pour relever ces défis est celui du politique. Ce n’est pas seulement le politique, l’espace du politique est certes fondamental…. Je vais citer, établir des règles du jeu, du partage des ressources, construire la citoyenneté sur les tâches bien sûr dévolues aux politiques…», dira-il, précisant que la psychologie connective, les comportements, les attitudes, les manières d’être et de faire, sont des espaces fortement structurés par la culture dans son sens extensif.
Le conférencier pense par ailleurs qu’il n’est point de fondation artistique au monde qui ne soit pas influencée par les productions africaines. Et cette puissance de dissémination peut être traduite comme capital économique. «Cette force de créativité peut être comprise et utilisée comme  une puissance de transformation et de réinvention de soi», analyse-t-il.  Car, «c’est de cela qu’il s’agit pour faire face aux défis présents et pour envisager des futurs il est nécessaire de se réinventer», poursuit-il, soulignant que le renouveau ne viendra que s’il émane des structures construites de la société. «Il ne tombera pas du ciel, il ne viendra pas par la loi», termine-t-il.
Stagiaire

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