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Invité par Oxfam et le Cesti à animer une conférence sur la gestion des ressources naturelles, Ousmane Sonko a été déclaré indésirable dans l’espace universitaire. Les autorités de l’école de journalisme ont été obligées de se rabattre à la dernière minute sur le Centre Bopp. Le leader de Pastef a dénoncé tout de même la «frénésie» avec laquelle le gouvernement s’empresse d’accorder des blocs d’exploitation. Mais aussi il s’est démar­qué du consensus entériné par la Cena sur les modalités du vote.

Il aura bien été nécessaire de rejoindre le Centre Bopp pour pouvoir écouter Ousmane Sonko. Le Quotidien a appris que cette délocalisation est due au refus du recteur Ibrahima Thioub, intervenu dans la nuit du vendredi au samedi, de laisser le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) abriter le séminaire de Oxfam sur la gestion des ressources naturelles. L’ancien inspecteur des impôts n’était pourtant pas invité au titre de sa casquette politique, mais plutôt pour livrer son expertise et un plaidoyer pour la défense des intérêts du Sénégal dans l’exploitation du pétrole. L’auteur du livre Pétrole et gaz du Sénégal, Chronique d’une spoliation a tout de même tenu son discours. «Il est temps de marquer un coup d’arrêt sur les pratiques des acteurs, mais avant tout sur les règles qui régissent le code pétrolier de 1998 qu’il faut revoir avant d’accorder de nouveaux blocs aux majors de cette industrie», a-t-il dit. Pour lui, il s’agit, dans l’optique de la rédaction d’un nouveau code, de «donner un champ plus large à la partie légale au détriment de la partie contractuelle afin d’éviter de donner trop de pouvoirs à un ministre lorsqu’il s’agit de négociations et ainsi fixer dans le code un certain nombre de considérations». Sans ambages, il affirme que Petrosen n’a pas suffisamment d’ingénieurs géologues pour assurer un suivi à 400 km de nos côtes. Par ailleurs, la question de l’impact environnemental n’est pas encore réglée. «Le pétrole, c’est un produit qui prendra fin à un moment ou à un autre. Nous un sommes un pays côtier qui vit de la pêche, il faut la sécuriser. C’est un secteur beaucoup plus pérenne. Quand on aura plus de pétrole, on pêchera encore du poisson», alerte M. Sonko.

Pour Sonko, «le gros» de l’opposition a boudé la Cena
A la fin du séminaire, Sonko s’est prononcé sur la décision de la Commission électorale nationale autonome (Cena), autorisant l’électeur à prendre 5 bulletins de vote avant de se rendre dans l’isoloir, n’est pas du goût du leader de Pastef. Tête de liste de la coalition Ndawi askan wi/Alternative du Peuple, il estime qu’il n’y a pas eu de consensus parce que «le gros» de l’opposition a boudé. «Aujour­d’hui, si vous enlevez les plus grandes coalitions de Manko, de l’Act, de la coalition que je dirige, entre autres, il n’y a pas, à vrai dire, une opposition», s’est-il démarqué. «Si Macky Sall a des velléités  dictatoriales, il n’a qu’à les appliquer dans son parti», a-t-il dénoncé.
De l’avis de l’ancien inspecteur des impôts et domaines, radié, on ne peut pas parler d’un consensus si «l’autorité envoyée par l’Etat était venue avec une proposition toute faite sur laquelle, il n’y a pas de discussions et qu’il fallait simplement cautionner». Au président de la République, Sonko dit : «Il faut que Macky Sall comprenne que nous ne sommes pas son troupeau. Depuis des mois, nous avons écrit des lettres pour attirer l’attention, demander l’audit du fichier sans suite.»
bseck@lequotidien.sn
bdavid@lequotidien.sn

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