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Candidat à l’élection présidentielle du Liberia, en octobre, le Ballon d’Or 1995 consacre désormais sa vie à la politique. Sans oublier que pour lui, tout a vraiment démarré à Monaco.

«Mister George» est insaisissable. Dieu seul sait où il est, où il va, et dans quelle partie du globe terrestre il balade son statut de divinité africaine. Retraité du football depuis 2003, c’est sur les pelouses d’Europe qu’il est devenu une icône, sur le sol américain (où vit Clar, son épouse) qu’il passe du temps en famille, et sur sa terre natale du Liberia (où il est devenu sénateur de Monrovia, la capitale) qu’il se rêve président de la République.
Mais, de son propre aveu, c’est sur le Rocher que le Ballon d’Or 1995 a vu sa carrière et sa vie d’homme lancées lorsqu’en 1988 Arsène Wenger, l’entraîneur de l’As Monaco devenu son deuxième père, a eu foi en lui et en sa destinée.
Voilà pourquoi, depuis le Panama où il est allé voir jouer son fils, Timothy, au Cham­pionnat de la Concacaf des moins de 17 ans, il a tenu à rendre un hommage émouvant à l’As Monaco d’hier et d’aujourd’hui.

«Monaco, ç’a été un cadeau de Dieu»
«Quand j’ai quitté l’Afrique, les gens là-bas disaient que j’allais échouer. Ils ne croyaient pas en moi. Mais c’est ma grand-mère (qui l’a élevé dans un des bidonvilles de la capitale du Liberia, Monrovia) qui m’a donné la foi et la force. Elle m’a dit : «Tu peux, tu dois partir. Saisis ta chance. Fais ton travail, fais ce que tu aimes faire. N’écoute personne, Dieu sait ce qu’il fait.» Alors je suis parti. Comme on m’avait dit qu’en Europe il faisait très froid, j’ai été heureux de voir qu’à Monaco il y avait le soleil. J’étais surtout content d’arriver dans un pays où j’allais gagner ma vie en jouant au football… Là, j’ai senti que ma vie était lancée. Monaco, pour moi, ç’a été une porte ouverte, un cadeau de Dieu. Ce jour-là, le Bon Dieu ne m’a pas seulement offert un pays pour y vivre. Il m’a aussi «donné» des gens pour m’aider, pour me comprendre. Arsène Wenger, bien sûr, mais aussi le président Campora, Youssouf Fofana,… Ils ont tous été là pour moi. Même le Prince Albert, qui était jeune à l’époque, m’a beaucoup motivé. Chaque fois qu’il me voyait, il me disait : «Continue à travailler comme ça et à bien jouer.» Il m’a poussé à tout donner. Sans eux, je n’y serais pas arrivé. Monaco a lancé ma carrière. Ce n’était pas seulement une équipe. C’était ma vie, ma famille. Et je n’ai pas quitté le club (en 1992, pour le Psg) parce que les choses se passaient mal, mais simplement parce que j’avais tout fait pour l’Asm et que c’était l’heure de partir. Mais, aujourd’hui encore, dans ma tête, Monaco reste ma terre…
Avec L’Equipe

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