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Souvent dans les avions pour parcourir le monde comme vice-président de la Nba et président de la Basketball Africa League (Bal), Amadou Gallo Fall est depuis confiné en Afrique du Sud suite à la pandémie du coronavirus. Une situation particulière qu’il vit avec philosophie parce que conscient que la lutte contre le Covid-19 sera gagnée. Entretien.

Vous êtes actuellement en Afrique du Sud depuis le début du confinement à cause de la pandémie du coronavirus. Comment cela se passe en ce moment pour vous ?
Je suis effectivement à Johannesburg où je suis revenu le 7 mars dernier après l’annonce du report du lancement de la Basketball Africa League (Bal). On a toujours notre bureau ici. On vient d’ouvrir un nouveau bureau à Dakar. On est entré en confinement total à partir du 26 mars. Un confinement qui vient d’être reconduit à la fin du mois d’avril. Je pense que comme partout dans le monde, ce sont des mesures nécessaires que les autorités prennent pour essayer de freiner la propagation.

Ce n’est pas évident pour vous qui êtes souvent dans les avions et qui avez l’habitude de beaucoup bouger. Comment vivez-vous personnellement ces moments de confinement ?
C’est un nouveau monde. Il faut s’adapter dès l’instant que c’est nécessaire. C’est pour le bien-être de tout le monde. Et puis, de toutes les façons, il n’y a plus d’activités. Mais faut dire que c’est la première fois que je suis sur place, au même endroit depuis si longtemps. Je pense que ma préoccupation, mes pensées sont plutôt de voir comment faire partie de la solution pour éradiquer cette pandémie. Et cela commence au niveau individuel, de respecter toutes les mesures-barrières que les spécialistes, les organismes de santé et leurs différents gouvernements ont recommandées. Il y a dans la distanciation sociale, les mesures d’hygiène à suivre et surtout de rester à la maison. On doit respecter les consignes, mais aussi, travailler à distance. La Nba, c’est une organisation globale avec des bureaux un peu partout dans le monde. On a un peu cette habitude. C’est vrai que c’est à une dimension qu’on n’a jamais vue avant.

Comment ça se passe sur le plan de la coordination du travail ?
Déjà, on a l’habitude de travailler beaucoup en visioconférence, comme je disais tout à l’heure parce qu’on a des bureaux un peu partout dans le monde, dans différents fuseaux horaires. Il y a un travail de coordination qui se fait chaque semaine, au niveau des équipes de leadership où on est en contact avec New York. Avec le démarrage du confinement total ici en Afrique du Sud, là tout le monde reste à la maison, on ne peut pas sortir, sauf pour des urgences, faire des courses au supermarché. Notre bureau a été fermé, mais tout le monde travaille à distance. Avec la technologie, il y a les réunions qui se tiennent au quotidien. Je pense qu’il y a une nouvelle manière de voir les choses et de travailler qui va émerger de ce confinement. L’humanité trouvera toujours des opportunités d’améliorer sa condition. Maintenant, je crois que toute la préoccupation, c’est autour de la sécurité de nos employés et de la société humaine en général.

Parlons du report du lancement de la Basketball Africa League. Est-ce qu’il y aura des conséquences par rapport surtout à la première journée qui était prévue le 13 mars dernier à Dakar ?
Non ! On est toujours hyper motivés. On travaille toujours pour un lancement historique de la Basketball Africa League au moment opportun. Et ce moment opportun sera édicté par ce qui se passe autour du monde. On n’a pas hésité à reporter parce qu’à l’époque, c’est la seule décision qui nous semblait judicieuse. On avait commencé à voir des signes et on voulait bien pouvoir être en contrôle des conditions optimales de sécurité et d’enthousiasme, d’engouement des fans qui allaient venir nombreux remplir le Dakar Arena pour une véritable fête. Lorsqu’on a commencé à avoir quelques signes, même si à l’époque les premiers cas s’étaient manifestés en Egypte et puis après au Nigeria, on s’est dit qu’il valait mieux faire une pause. Mais cela n’impacte en rien notre engagement de voir cette League voir le jour, elle sera lancée dans des conditions où le monde reviendrait dans une certaine normalité. Maintenant, puisqu’on n’a pas commencé, on ne peut pas parler de conséquences. De la déception peut-être, pour avoir commencé à travailler depuis plus d’un an, mais c’est vite passé parce que lorsqu’on parle de questions de sécurité et de santé, le sport devient une histoire au second plan.

Est-ce que le lancement de la Bal aura bien lieu en 2020 ?
C’est notre objectif ! Maintenant, on n’a pas une boule cristal pour savoir le temps T où on pourra la relancer, mais c’est notre objectif. Nous travaillons toujours avec cette donnée en mains, c’est-à-dire pour avoir notre première saison cette année, mais tout va dépendre des conditions aussi bien de la situation mondiale, mais aussi de la situation dans les pays où nous devons nous produire. Mais pour le moment, nous travaillons dans les coulisses pour continuer à planifier, mais aussi à suivre la situation pour arrêter ce virus. Nous sommes en contact avec toutes nos équipes, mais la préoccupation du monde, en ce moment, ce n’est pas de voir le sport comme une priorité. Cependant, on ne reste pas inactifs. Nos équipes participent dans des messages de sensibilisation avec notre ambassadeur (de la Bal) Luol Deng et d’autres anciens de la Nba. Nous allons aussi mener d’autres actions pour contribuer à ce combat.

Justement, dans ce combat, on a vu l’international sénégalais, Gorgui Sy Dieng, faire des dons pour lutter contre le Covid-19 au Sénégal…
Absolument ! Je pense que Gorgui reste constant dans sa démarche. Avec sa Fondation, il mène beaucoup d’activités. Continuer à contribuer à redonner à sa communauté, c’est quelque chose qui est fondamental dans sa démarche. En ces temps très difficiles pour le Sénégal, c’est un bel exemple de le voir dans la constance. J’ai vu aussi sur d’autres messages où sa préoccupation est pour toute l’Afrique. J’ai vu aussi à d’autres échelles, beaucoup de sportifs qui répondent à leur communauté. Je pense, encore une fois, que c’est une opportunité de saluer le sport, le rôle que le sport peut jouer dans le développement. Gorgui, c’est un bel exemple et sa Fondation continue à faire de très belles choses pour le pays.

Au-delà de la Bal, il y a beaucoup d’autres événements qui étaient prévus dans le continent, comme le Nba Africa Game ou encore d’autres camps de basket. Comment gérez-vous tous ces changements ?
Pour le monde, toutes ces activités sont en veilleuse. Et je peux tout de suite vous dire que, par exemple, la Basketball Without Borders qu’on organise depuis 2003 et dont la 17e édition était prévue l’année dernière au Sénégal, pour le moment est suspendue. Je doute qu’elle puisse se tenir cette année. On imaginera d’autres activités à organiser pour pallier tout cela. Mais pour le moment, comme je le dis, notre préoccupation et c’est la préoccupation de tous, c’est de voir le monde en activité, voir nos pays échapper à ce fléau. C’est pourquoi nous saluons les décisions qui ont été prises surtout au Sénégal et dans beaucoup d’autres pays comme le Rwanda, ici en Afrique du Sud où le leadership s’est activé très tôt pour prendre des mesures. Je pense que c’est ce qui contribue énormément au fait qu’en Afrique, en ce moment, il y a beaucoup de cas, mais pas comme le reste du monde. Nous prions pour que les gens continuent à adhérer et à respecter tous ces consignes pour nous protéger tous.

Est-ce que ce sera la même chose pour la Nba Africa Game ?
Il faut savoir que la Nba Africa Game n’était pas dans les cartes cette année. On lance la Basketball Africa League. C’est la compétition où on avait mis toute notre énergie. Evidem­ment, il y a toujours la Nba Academy Africa. Organiser des camps où il faut regrouper un grand nombre de joueurs, c’est à l’encontre de toutes les directives. Aussi bien des différents pays que des spécialistes du monde de la santé que nous respectons. Nous voulons vraiment nous conformer.

Malheureusement, cette pandémie a fait quelques victimes dont une personnalité du monde sportif sénégalais, à savoir Pape Diouf. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
C’était un grand choc parce que je n’étais pas au courant qu’il était malade. Une grosse perte qu’on a tous sentie, tout d’abord sa famille, mais aussi tout le monde du sport. Ce qu’il a représenté pour moi, c’était une grosse source d’inspiration. Comme j’ai eu à le dire, quand je faisais mes débuts à Dallas, dans le domaine du management, c’était la seule personne qu’on connaissait dans ce domaine, en tous cas, en tant qu’Africain à accéder à ce niveau de responsabilités et à diriger un club de football dans l’une des Ligues les plus huppées au monde. C’est quelque chose qui accroche ; vu son parcours en tant que journaliste, qui s’est fait tout seul, qui a eu à travailler avec de très grands joueurs, un véritable manager, ce qui a abouti à son positionnement au niveau de Marseille. Alors pour moi, surtout dans les années 2000, c’est quelqu’un qui a pu baliser le terrain. A partir de ce moment, cela donne confiance et ça inspire. Il restera toujours une grosse légende dans le domaine du management du sport et surtout des dirigeants sportifs de premier rang de partout dans le monde. Et surtout en Afrique où je crois, il a inspiré énormément de gens comme moi qui sont venus après lui.

Face à la pandémie, quel est le message que vous adressez à la famille du basket sénégalais et africain ?
De continuer à garder l’enthousiasme pour notre sport parce que de toutes les façons, les activités vont reprendre normalement dans le monde. Nous espérons tous être là pour continuer à faire le travail que nous faisons. Pour le moment, le message principal, c’est de respecter strictement toutes les mesures qui sont édictées par nos gouvernants, les spécialistes de la santé pour qu’on puisse d’abord freiner ce virus. Il n’y aura pas de sport si la situation continue à être ce qu’elle est. J’aime voir le sport et les sportifs comme des leaders quand il s’agit de discipline, de respect des consignes. C’est le moment de faire montre de tout cela. La préoccupation, c’est que tous ensemble qu’on unisse nos énergies pour combattre ce virus. Et le plus tôt qu’on arrêtera cette pandémie, mieux ce sera pour la société en général. Les enfants vont retourner à l’école, les différentes activités économiques vont reprendre, la société reprendra son cours normal. Mais pour le moment, focus sur le Covid-19 qu’il faut arrêter.

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