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Au Sénégal, on parle de plus en plus de l’éventualité d’aller vers un confinement avec la transmission communautaire. Seulement, la faisabilité de cette mesure dans notre pays semble difficile. Les spécialistes sont même divisés sur la question. Pr Daouda Ndiaye propose, à défaut du confinement général, un confinement partiel.

Le débat sur le confinement total ou partiel se poursuit avec la hausse des cas communautaires. Une éventualité qui déborde sur la place publique, mais reste arrimée à plusieurs paramètres. Pour le Pr Daouda Ndiaye, chef du Département de parasitologie de la Faculté de médecine de l’Ucad, le confinement total serait meilleur, mais vu les autres aspects à prendre en compte dans notre pays, il propose un confinement de façon étagée ou graduelle. Sur les ondes de la Rfm, l’universitaire explique : «(…) Le confinement total serait la meilleure option, mais nous n’avons pas ce pouvoir de réponse par rapport à d’autres aspects qui ne sont pas du domaine de la santé. D’autant plus, il y a aujourd’hui des régions qui ne sont pas encore touchées. Une région qui n’est pas touchée, on ne comprendrait pas qu’on aille vers ce confinement (…). Si on arrive dans un quartier par exemple on voit que les cas communautaires y sont hébergés, il faut faire un confinement ciblé, de façon étagée du quartier vers le district… Tout dépendra de la localisation de ces cas ciblés. S’ils sont éparpillés à l’échelle du département avec une certaine proportion, il faut aller vers un confinement ciblé de district et de département. Cela dépendra des résultats obtenus en termes de cas, selon le district ou le département.» Interpellé sur une possibilité de faire face à la stigmatisation dans ce cas de figure, M. Ndiaye précise que «l’objectif c’est de protéger les zones qui n’ont pas encore de cas». Ainsi, il recommande de miser sur une bonne communication pour expliquer aux populations les raisons de ce confinement afin d’éviter la stigmatisation. «On ne va pas dire qu’on a confiné tel quartier. C’est comme les personnes, on ne va pas dire que telle personne est contaminée. On va faire le confinement de façon étagée et dans le temps, par exemple pendant deux ou trois semaines. Certes on aura des résultats et on va évaluer», a-t-il déclaré.
Pour le colonel Mamadou Athie, spécialiste en gestion de catastrophe et de crise, le confinement total est la bonne solution. Soutenant que le ministère de la Santé est en train de faire un excellent travail, il estime toutefois que cela «doit être soutenu par un plan national». Celui-ci concerne la fermeture des frontières, le contrôle des mouvements et le confinement. S’agissant de cette dernière mesure, M. Athie émet des réserves sur le confinement de façon étagée proposée par le Pr Ndiaye. A ce propos il souligne : «Je ne suis pas contre l’idée du Pr Ndiaye, mais c’est la nature de la menace qui est asymétrique et non conventionnelle. Dans ce cas, quand vous y allez étape par étape, elle vous rattrape. Et quand elle vous rattrape, vous ne pouvez pas la maîtriser.» Le fait de confiner un quartier n’agrée pas aussi le colonel Athie. Il se pose la question de la faisabilité. «Confiner un quartier par rapport à un autre, il y a une porosité des quartiers. Comment par exemple fermer la Médina par rapport à un autre quartier, cela pose des questions», s’est-il interrogé. M. Athie penche plutôt pour le confinement par district sanitaire. L’option à retenir par les autorités dépendra sûrement de l’évolution des cas issus de la transmission communautaire.

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