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Les coupures d’électricité portent préjudice aux Petites et moyennes entreprises. C’est ce qui ressort de la présentation de l’étude du Docteur Lassana Cissokho. A travers un atelier organisé par le Centre de recherches économiques appliquées (Crea), ses collègues économistes et lui se sont penchés sur «le coût de la productivité des coupures d’électricité».

Les économistes cogitent sur l’impact des coupures d’électricité sur les Petites et moyennes entreprises (Pme). Cette rencontre a aussi été une occasion pour Docteur Lassana Cissokho, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg), de présenter les résultats de ses recherches sur la question. Une étude réalisée sur les données de plus de 300 entreprises dans le but d’informer sur les estimations des pertes de productivité dues aux coupures d’électricité, notamment pour les Pme.
Des désagréments qui rendent morose l’environnement économique du secteur privé. Son travail couvre la période 2007 2014 et prend en compte trois régions : Dakar, Thiès et Saint-Louis. Des zones qui polarisent 90% des entreprises. L’ensei­gnant-chercheur estime que le rôle des Pme est essentiel pour la santé économique de notre pays. «Les Pme représentent plus de 95% des entreprises et sont des contributeurs majeurs à l’économie. En tant que principale source de création de richesse et d’emploi. Elles représentent plus de 40% des ventes totales et 42% des emplois dans les entreprises modernes», souligne-t-il. Malgré leur importance, elles ont traversé des moments difficiles surtout de 2011 à 2012, marqués par les coupures intempestives d’électricité.
Durant cette période, il fallait pour les entreprises, être dynamiques ou mettre la clé sous le paillasson. Selon lui, les trois mesures des coupures d’électricité (durée, fréquence et sévérité) ont montré des effets négatifs sur la productivité. «L’électricité est la préoccupation majeure de 57,6% des Pme. 41% d’entre elles ont indiqué que la production s’arrêtait pendant les périodes de coupure d’électricité.» Les pertes sont importantes. En 2011, les Pme ont connu 20% de perte nette de productivité. Lassana Konaté estime que les pertes auraient pu être pires si certaines entreprises n’utilisaient pas d’autres sources d’alimentation en cas de coupure d’électricité. Dès lors, l’acquisition de groupes électrogènes et l’accès des entreprises aux prêts et aux lignes de crédit sont salvateurs pour la productivité.
En outre, l’auteur de l’étude est d’avis que la résolution des problèmes d’électricité permettra aux Pme de voir le bout du tunnel en économisant les ressources susceptibles d’être détournées vers les stratégies d’adaptation. «Une offre d’électricité fiable mettra les entreprises sur une trajectoire de croissance plus dynamique car interférant moins avec les décisions d’investissement et d’embauche des Pme», espère-t-il. Ces trois dernières années, les coupures sont moins fréquentes, «le choc est moindre, les Pme reprennent petit à petit leur rythme».
Quant au Dr Serigne Sène, Directeur de la Prévision et des Etudes Economiques (Dpee), il opte pour «l’investissement sur l’outil de production et sur l’outil de distribution», gage de stabilité économique. Pour Docteur Ibrahima Diallo, de l’université Alioune Diop Bambey, la capacité d’adaptation des entreprises aux désagréments est tributaire des capacités financières. Les moins nanties en pâtissent. «Maintenant la Senelec assure le service. Beaucoup de gens n’utilisent plus les groupes électrogènes. Il y a amélioration du service», constate-t-il.
Stagiaire

 

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