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Quel est l’impact des subventions sur la pêche ? Elles ont provoqué la surpêche, la pêche Inn, des pratiques «destructives et coûteuses». Que faire ? Dans le cadre des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) sur les subventions à la pêche, les Etats devraient davantage affiner leur stratégie pour les limiter à défaut de les juguler pour préserver les ressources halieutiques. «Les subventions néfastes incitent les pêcheurs à augmenter les captures au-delà des limites durables sur le long terme. Ces subventions, qui compensent généralement les coûts liés à l’achat de carburant et d’équipements et à la construction des navires, servent à financer des pratiques de pêche destructives et coûteuses. Elles nuisent aux bonnes pratiques de gestion et se traduisent par un trop grand nombre de captures», explique Mme Dyhia Belhabib, chargée de programme pêches à l’Ong Ecotrust Canada. Mardi et mercredi, tous les experts ont répété la même chose lors de l’atelier, sur «Les négociations de l’Omc sur les subventions à la pêche et des enjeux qu’elles représentent pour la région ouest-africaine», organisé par l’International institute for Sustainable Deve­lopment (Iisd) en partenariat avec le Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement (Enda Cacid).
Aujourd’hui, les subventions, qui compensent généralement les coûts liés à l’achat de carburant et d’équipements, financent des pêches intensives et destructrices. Au Sénégal, elles sont généralement accordées pour l’achat de moteurs, de carburant. «Je regrette la décision du Président Macky Sall d’offrir 10 000 moteurs de pirogue aux pêcheurs artisanaux. Si vous donnez 10 nouveaux moteurs sans récupérer les anciens, ça veut dire qu’on se retrouve avec 20 moteurs.  Ce qui augmente la capacité et accentue la pression sur la ressource. Il n’y a rien de technique, ni d’économique dans cette mesure», regrette Gaous­sou Guèye, président de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale. Et les pertes sont évaluées à hauteur de 10 milliards F Cfa, selon Mme Dyhia. D’après Isabel Jarrett de The Pew Charitable Trusts, l’Union européenne subventionne fortement ses navires, souvent accusés de piller les ressources marines de l’Afrique avec qui elle a signé des accords de pêche. Et les allocations néfastes s’élèvent à 20 milliards de dollars sur les 35 milliards de dollars de subventions accordés à travers le monde. Et les conséquences sont palpables : selon la Fao, 33 % des stocks de poissons sont surexploités, 60 % surexploités au niveau maximum. Ce qui porte à 93 % de surexploitation des  stocks. D’où l’importance des négociations au niveau de l’Omc «pour mettre fin aux subventions néfastes du secteur de la pêche, qui facilitent et favorisent la pêche non durable», insiste la chargée de programme des pêches à l’Ong Ecotrust Canada, qui rappelle que les Etats «travaillent également pour satisfaire l’engagement pris en 2017 pour parvenir à un accord d’ici fin 2019» afin de «réduire l’effort de pêche, pour promouvoir une pêche plus efficace et durable pour contrecarrer la pêche Inn».
bsakho@lequotidien.sn

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