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Alors que certains de leurs confrères ont fini par baisser les armes et déposé le bilan, un regroupement des boulangers de la banlieue dakaroise a décidé de frapper un grand coup en instaurant une journée sans pain dès ce mercredi.

Du fait de la situation jugée chaotique dans leur secteur d’activité, les propriétaires de nombreuses boulangeries de la banlieue ont décidé de baisser le rideau et d’arrêter leurs fours le mercredi prochain.
Leur représentant, qui est en même temps le secrétaire du syndicat qui les représente, le Regroupement des boulangers du Sénégal (Rbs), M. Modou Guèye, a pris la parole au cours de la conférence de presse tenue avant-hier, pour indiquer les causes de la pénurie qu’ils vont causer.
M. Guèye a, au cours de son allocution, listé les maux qui paralysent la situation des boulangers du Sénégal : «Les créations sauvages et anarchiques de boulangeries par des opérateurs informels, un prix de vente peu compétitif et peu encourageant, des prix des matières incontrôlables par les boulangers, à quoi il faut ajouter le chantage et les détournements de la part des livreurs.» Modou Guèye se plaindra qu’au regard de la situation, les fabricants de pain se trouvent isolés : «Nous avons le syndicat majoritaire, la Fédération nationale des boulangers du Sénégal, qui est aux abonnés absents en matière de prise d’initiatives ou d’organisation de notre secteur.» A ces critiques, il ajoutera : «Et demain, quand ils nous entendront parler, ils viendront réagir alors qu’ils n’ont pas fait le boulot qu’il faudrait pour notre secteur.»
Modou Guèye ne manquera pas, lors de son point de presse, d’interpeller les autorités, en particulier le chef de l’Etat ainsi que son ministre du Commerce, pour qu’ils jettent un regard bienveillant sur les difficultés du secteur, et qu’ils agissent dans l’optique de faire baisser le prix de farine qui, dans l’esprit des membres du Regroupement des boulangers, devrait entraîner une baisse du prix du pain, qui préoccupe beaucoup les consommateurs.
Leur souhait est également de voir mis fin à la «création anarchique et sauvage de boulangeries par les informels. A cause de cette situation, au moins 6 boulangeries ont fermé dernièrement, du fait des nombreuses difficultés».
Modou Guèye a annoncé que leur grève de mercredi allait se poursuivre «jusqu’à nouvel ordre, tant que les autorités ne nous auront pas entendus».
De son côté, la direction de la Fnbs, réagissant sur les ondes d’une radio de la bande Fm, a tenu à déclarer que les membres de son syndicat n’étaient pas concernés par cette grève annoncée. Le président Mbodj a ajouté que les membres de la direction avaient entamé une tournée nationale, pour leur permettre de s’enquérir de la situation des boulangeries à travers le pays. Se disant non concerné, le ministre du Com­merce rejette les accusations.
De même, le représentant du ministère du Commerce, interpellé également par ladite radio, a affirmé que le prix de la farine de blé n’avait connu aucune hausse depuis l’année dernière, et que la concertation avec les boulangers était permanente.

latifmansaray@lequotidien.sn

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