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Un enfant sur six n’a pas de pièce d’état civil dans la commune de Ross Béthio. Le constat est du maire de cette commune, Amadou Bécaye Diop, qui s’exprimait au cours d’une rencontre de sensibilisation, organisée par le Comité régional pour la promotion de la scolarisation des filles de Saint-Louis dont il était le parrain.

C’est en effet un véritable cri du cœur que le directeur de l’Equipement scolaire au ministère de l’Education nationale a lancé au cours d’une rencontre de sensibilisation, organisée par le Comité régional pour la promotion de la scolarisation des filles de Saint-Louis, qui se tenait dans sa commune. Le constat fait froid au dos : «Un enfant sur six dans la commune de Ross Béthio n’a pas de pièce d’état civil.» Une situation qui, selon le premier magistrat de cette ville, est inacceptable. Pour cette raison, il ne compte pas rester les bras croisés face à ce qu’on peut qualifier de négligence des parents. Amadou Bécaye Diop, qui s’est désolé de cette situation, s’est engagé devant les femmes de la Scofi et ses concitoyens à tout mettre en œuvre pour y remédier. Il ne veut pas être seul dans ce combat, car il a invité les acteurs du système éducatif, les autorités locales et tous ceux qui peuvent apporter leur contribution à s’engager dans ce combat pour mettre fin à cette situation.
Le représentant de l’Ins­pection de l’éducation et de la formation (Ief) de Dagana, l’inspecteur Samba Sy, par ailleurs chef de district de Ross Béthio, a aussi révélé que plus de 2 600 élèves du Ci au Cp sont sans pièce d’état civil dans la commune, ce qui pose beaucoup de problèmes, surtout au moment où les enfants doivent passer l’examen. L’inspecteur qui, comme le maire, trouve cette situation dramatique a invité les acteurs à une large réflexion pour trouver des solutions.
Le même cri du cœur a été lancé respectivement par les présidentes régionale et nationale de la Scofi qui, dans leurs discours respectifs, ont invité les autorités à mieux s’impliquer dans ce combat. D’ailleurs, expliquent-elles, la manifestation qu’elles organisaient à Ross Béthio avait pour but de sensibiliser les populations, en particulier les parents d’élèves, sur l’importance de l’état civil.
Le président du Tribunal départemental de Dagana, qui a communiqué sur l’état civil pendant la manifestation, a fait savoir que la déclaration est une obligation pour les parents, le personnel de santé et toute autre personne habilitée. La déclaration de naissance est le principe, mais aujourd’hui on s’est rendu compte que la tendance s’est inversée dans la mesure où les autorisations de déclaration de naissance sont devenues plus importantes que les déclarations. Le juge rappelle d’ailleurs que des sanctions sont même prévues pour le parent qui n’a pas déclaré son enfant.
Selon le magistrat, les jugements posent beaucoup de problèmes et doivent même être évités, car pour faire certains concours, les dossiers de candidatures sont parfois rejetés du fait de la non déclaration de l’enfant. Il rappelle que même en cas de non existence d’une pièce justifiant la naissance, la présence de deux témoins majeurs et des parents suffit largement pour l’inscription. Mieux, souligne-t-il, même un enfant ramassé dans la rue peut être déclaré devant l’officier d’état civil qui doit parfois user de son pouvoir d’enquêteur pour s’informer sur la naissance de l’enfant.
Le président du Tribunal départemental de Dagana précise aussi que l’Etat a facilité l’acquisition de la pièce d’état civil en n’y attachant pas des frais importants.
cndiongue@lequotidien.sn

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