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Bara Ndiaye, maire de Méouane.

L’administrateur de la Maison de la presse, Bara Ndiaye, administre-t-il sa commune ? En tout cas les populations de Méouane répondent en chœur par la négative. Des populations qui dénoncent le retard dans le développement, malgré la présence des géants de l’industrie extractive et l’oubli dont leur localité est victime tout en interpellant les autorités sur l’urgence d’une prise en charge effective de leurs revendications.

Méouane, une commune rurale du département de Tivaouane, n’échappe à la règle qui semble régir toutes les collectivités locales érigées en communes depuis l’effectivité de l’acte III de la décentralisation. Des communes qui, malgré toutes les dispositions annoncées et les textes qui les régissent, peinent encore à sortir de leur ruralité. Tout ou presque jusqu’aux services de base y font défaut au grand damne des populations qui ne savent pas encore à quel saint se vouer et qui ne ratent aucune opportunité pour s’en désoler. En atteste la sortie récente des responsables du mouvement citoyen Forces pour le développement de la commune de Méouane, (Fpd). Lesquels ont mis à profit l’occasion de la première édition de la finale de football de la coupe Fpd pour lister les maux dont souffre leur commune avec en tête de liste, les infrastructures routières. «Il n’y a pas dans la commune de Méouane un mètre de route bitumée», s’étrangle Sangoné Diop, président du mouvement Fpd, qui indique que les populations empruntent «de sentiers sablonneux et de routes latéritiques chaotiques», pour vaquer à leurs occupations. «L’axe Méouane-Pire-Sine Moussa est le plus grand mal de la commune. C’est une route latéritique et en très mauvais état qui date des indépendances. D’ailleurs, elle est impitoyablement désertée par les usagers de la route, les voitures et autres charrettes qui assurent la liaison entre Méouane et Pire.» Ainsi le mouvement citoyen, qui regroupe les 89 villages de la commune exige, la construction de cet axe routier mais également l’érection de pistes de production dans la localité. Ce d’autant, indique M. Diop, «la commune de Méouane produit beaucoup de manioc, d’arachide, de mil, de mangues, de pommes d’acajou…». Pour dire, selon lui, «des pistes de production sont plus qu’indispensables pour l’évacuation de tous ces produits». Que dire, poursuit Sangoné Diop, du terrain vague derrière les concessions de la commune au milieu de la broussaille qui fait office de stade municipal ? «Les travaux de cette dite infrastructure sportive sont arrêtées depuis belle lurette.» Quid de l’éducation ? «Le taux d’analphabétisme est très élevé chez les adultes», renseigne-t-il. A cela s’ajoute, dit-il, le fort taux d’abandon des élèves qui, après le Bfem, ont du mal à poursuivre leurs études. La commune ne disposant pas de lycée.
Quant au secteur de l’éducation, il ne se porte pas mieux. «Il y a une rupture fréquente en médicaments, le plateau technique est insuffisant de même que le personnel sanitaire qui d’ailleurs n’est pas qualifié. Sans compter un manque d’ambulance dans la commune.» Sangoné Diop décrie également le taux de chômage et le manque de formation des jeunes, qui ne bénéficient pas d’un centre de formation polyvalent adapté à la main d’œuvre locale. Pendant ce temps, le sous-sol de la commune est exploité par de géants de l’industrie extractive, déplore le Secrétaire général du Fpd, Cheikh Fall, qui explique que «la commune de Méouane, assise sur une montagne d’or, avec la richesse de son sous-sol (phosphate-zircon), souffre de la grande inanition». Il s’exclame : «Voilà le paradoxe méouanois, malgré l’implantation de beaucoup d’industries minières, et toutes les potentialités économiques que la localité regorge, elle peine à se développer.» Au même moment, regrette-t-il, «ces industries les plus polluantes et les plus nuisibles à la santé humaine, notamment les Industries chimiques du Sénégal (Ics), capitalisent non seulement des milliards à partir du sous-sol sur lequel des populations vivaient en paix, mais impactent négativement leur environnement». Toutes raisons qui motivent la création du Fpd, un support de développement de la commune, selon son Secrétaire général, qui vise «à corriger tous ces manquements». Dans son speech, Cheikh Fall interpelle le Président Macky Sall et les autorités administratives et locales, pour apporter des solutions aux problèmes de la commune de Méouane.
nfniang@lequotidien.sn

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