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En visite hier dans certains points de la capitale où des constructions anarchiques bloquent l’accès aux installations de la Senelec, Mouhamadou Makhtar Cissé a informé qu’une note «interdit aux agences de Senelec d’accepter un abonnement d’une personne ou d’une entreprise qui grèverait nos servitudes».

L’immeuble R+ 2 en construction jouxte le mur du poste de haute tension de Hann. Par ignorance du danger ou par entêtement, le propriétaire, sommé d’arrêter, continue de plus belle les travaux. Cette maison mitoyenne au mur du poste de Hann est pourtant sur un chemin où passent, selon les services de la Senelec, des kilomètres de câbles qui alimentent Dakar. Au même endroit, à quelques jets de pierre, deux toilettes publiques sont érigées par on ne sait qui.
Le constat est alarmant. Dans certaines parties de la capitale, des maisons sont construites à côté ou sous des pylônes de courant à haute tension. Pour ne pas être complices d’un malheur un jour ou l’autre, les responsables de la Société nationale d’électricité ont préféré tirer sur la sonnette d’alarme et prévenir du danger qui guette ces occupants, et même les Dakarois et tous les Sénégalais de façon générale. Hier, à la tête d’une délégation importante, le directeur général de la Senelec s’est rendu dans certains points sensibles, dans le souci d’informer et de sensibiliser les populations.
Ainsi, concernant le poste de Hann, en cas de panne dans ce secteur, les techniciens auront du boulot pour régler la situation. «A terme, ce poste va être saturé. Et nous avons prévu de faire son extension, de construire à côté un nouveau poste», a avancé le Dg Mouhamadou Makhtar Cissé. Le problème, c’est qu’avec la présence de ce bâtiment, ce projet sera «impossible» à réaliser à moins qu’on démolisse l’immeuble. A Zac Mbao, un mur a été dressé sur le tracé de la ligne à haute tension qui surplombe les habitations, rendant difficile, voire impossible l’accès des agents aux lieux en cas d’intervention pour réparation. «Au-delà du problème technique que cela pose pour l’exploitation et l’entretien de ces lignes, il y a un souci de sécurité pour l’ensemble des Sénégalais. Parce qu’un incident d’une certaine ampleur qui se déclencherait sur un point – comme le courant est contenu sur des kilomètres – on ne peut pas savoir dans quelle proportion les populations seraient malheureusement impactées», prévient Makhtar Cissé.
Il y a une autre conséquence et qui n’est pas des moindres si un malheur devait arriver. Avec le système d’interconnexion actuel, un incident à Dakar peut avoir un impact sur le Mali et la Mauritanie. Quant aux régions de l’intérieur du pays, n’en parlons pas ! Attendons-nous alors à un black-out total ! Le plus grave dans cette situation qui doit inquiéter plus d’un est le retour de citoyens sur un site où les habitants ont été déguerpis et dédommagés par l’Etat du Sénégal. Il s’agit des personnes impactées par la nouvelle ligne qui, à partir de la centrale de Kounoune, dessert le Cap des Biches, Hann et Sococim, et qui a été mise en service en 2014. «Toutes les populations impactées le long de la ligne ont été dédommagées. Il y a une seule personne qui aurait refusé de dédommagement», a regretté le Dg de la Senelec.
Aujourd’hui, l’Etat au plus haut niveau est interpellé sur ce phénomène avant que l’irréparable ne se produise. En attendant une réaction éventuelle de celui-ci, Mouhamadou Makhtar Cissé a usé de ses pouvoirs pour refuser la fourniture d’électricité aux populations qui habitent à côté ou sous ces lignes. «La note que nous avons prise justement interdit aux agences de Senelec d’accepter un abonnement d’une personne ou d’une entreprise qui grèverait nos servitudes».
msakine@lequotidien.sn

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