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L’Intersyndicale pour la défense de l’école et des enseignants (Idee), c’est la nouvelle organisation mise sur pied par 9 syndicats pour défendre les droits des enseignants et l’école. Dans une déclaration, les membres de cette organisation informent que leur objectif sera de lutter contre la «volonté manifeste du gouvernement de décapiter le mouvement syndical».

Estimant que leurs droits sont menacés depuis la proclamation des résultats provisoires des élections de représentativité, les syndicats Ades, Adept, Odes, Reel, Sepe, Snelas/Cnts, Sudes-Sypros, Ues «ont convenu de mettre sur pied une structure dénommée Intersyndicale pour la défense de l’école et des enseignants (Ideen)». Dans une déclaration, les membres de cette nouvelle organisation soutiennent que les élections de représentativité «ont permis de classer les syndicats mais l’usage de cette classification traduit une gouvernance exclusive et discriminatoire du système éducatif». «En effet, au sortir des élections, le gouvernement a exclu délibérément les syndicats dits ‘’non représentatifs’’ à l’occasion de toutes les rencontres de concertation, de négociation et d’information (mouvement national, pré rentrée, dialogue social, réforme sur le baccalauréat, etc.)», ont-ils fustigé dans le document. Pour l’Idee, cette attitude traduit «une volonté manifeste du gouvernement de décapiter le mouvement syndical et de réduire à néant certaines organisations syndicales».
Ces membres de l’Idee, qui disent respecter «l’esprit et la lettre de l’article 5 de l’arrêté relatif aux élections de représentativité dans le secteur de l’éducation, qui confère des prérogatives légitimes aux syndicats qui ont atteint le seuil de 10% de l’électorat», exigent toutefois «du gouvernement le respect des droits syndicaux fondamentaux consacrés par les conventions 87 et 98 de l’Oit et la Constitution du Sénégal». D’après eux, «une élection est une photographie d’une situation à un moment donné, les acteurs ont en perspective les prochaines échéances par conséquent, les syndicats doivent être au même niveau d’information et associés à la question de la gouvernance participative et inclusive du secteur de l’éducation». Partant de ces explications, l’Idee soutient être partisane «de la conciliation de l’impératif d’assainir la table de négociation et celui de rendre le dialogue inclusif». «C’est pourquoi, nous proposons une représentation de l’Idee au comité de suivi du protocole d’accord du 17 février 2014, dont les membres sont signataires et à tous les niveaux du dialogue et de concertation dans le secteur de l’éducation. Cela d’autant que le cumul du pourcentage en faveur des syndicats membres de l’Idee dépasse largement le taux de représentativité de 10 %, unilatéralement arrêté par le ministère en charge du Travail», a-t-on fait savoir.

«Lutte contre la politique de l’échec scolaire mise en œuvre par le gouvernement»
Par ailleurs, cette intersyndicale s’est aussi prononcée sur la situation de l’école notamment des «faibles taux de réussite aux différents examens (31,6% au Bac, 56% au Bfem et 45% au Cfee) ». Analysant ces résultats, l’Idee tient le gouvernement pour responsable vu la politique «de l’échec scolaire mise en œuvre». «En effet, il y a le refus de recruter des enseignants en nombre suffisant, la continuité dans la politique des abris provisoires, le nombre inquiétant de classes multigrades dans l’élémentaire (12 980 en 2017 contre 6394 en 2006 soit une hausse de 103%) sans compter les classes à double flux», a-t-on expliqué. Selon les membres de cette organisation, «les effectifs pléthoriques dans la banlieue dakaroise particulièrement (plus de 100 élèves par classe), les faibles dotations en manuels scolaires et la modicité des dotations des établissements sont autant de leviers que le gouvernement actionne pour maintenir l’Ecole publique dans cette situation délétère». A cela ils ajoutent «sa politique de paupérisation et de démotivation des enseignants». Pour lutter contre «cette mort programmée de l’Ecole publi­que», l’Idee invite «les syndicats dits représentatifs et ceux dits non représentatifs ainsi que toutes les organisations de la Société civile à œuvrer, ensemble, pour juguler les menaces qui pèsent sur la qualité des enseignements et sur la fonction enseignante».
dkane@lequotidien.sn

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