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Cette fois-ci le Conseil municipal de Dakar a validé la constitution de partie civile de la Ville de Dakar dans l’affaire de la caisse d’avance dont le procès en appel se tient ce matin.

Entre le préfet de Dakar et la première adjointe à la Ville de Dakar, les micros de la presse sont fixés devant une chaise vide. C’est le siège habituel du maire de Dakar lors des réunions du Conseil municipal. Ce dernier a décidé hier de se constituer une nouvelle fois partie civile en faveur de Khalifa Sall dont le procès en appel est attendu aujourd’hui. En effet, lors de l’audience en première instance, le Tribunal correctionnel de Dakar avait rejeté la constitution de partie civile de la Ville de Dakar dans l’affaire dite de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. La raison invoquée a été la seconde relecture demandée par le préfet sur la délibération du Conseil municipal en ce sens. «La seconde lecture, c’est lorsque le représentant de l’Etat juge que les éléments qui sont présentés sont entachés d’illégalité. C’est un second examen», s’est réjoui Alioune Badara Samb, préfet de Dakar qui a montré sa «disponibilité» à travailler avec la Ville de Dakar.
Pourtant, la délibération des 54 conseillers présents n’a pas été de tout repos. Un conseiller apériste de Yoff s’est interrogé sur l’utilité d’une constitution de partie civile. «Se constituer partie civile alors que c’est demain que le jugement sera rendu, cela n’a pas de sens», juge Ibrahima Fall, également adjoint au maire de Yoff. Selon ce proche de Diouf Sarr, «celui qui se constitue partie civile, c’est celui se sent lésé». Donc, dit-il, la Ville de Dakar n’a rien à voir dans cette affaire. Une déclaration qui jette un froid dans la salle. C’en est trop pour Pape Diouf. La mine grave et les yeux rougis comme son kaftan, le conseiller socialiste de Dakar Plateau monte devant le présidium et assène : «Il y a un homme qui s’asseyait sur cette chaise, en l’occurrence Khalifa Ababacar Sall. Cet homme est un Sénégalais et a des enfants. Depuis plus d’un an, il a des ennuis judiciaires. On doit se montrer solidaires avec lui. C’est une question d’humanité. Mettons la politique politicienne de côté !»
La confrontation a été évitée de justesse par Soham El Wardini qui convainc Ibrahima Fall à ne pas reprendre la parole. «Le préfet, à l’époque, nous avait demandé une seconde lecture. Nous n’avions pas pu le faire. C’est notre premier conseil. Demain, nous serons tous là-bas. Nous avons des avocats qui plaident pour la Ville de Dakar», précise Mme Wardini. Sur l’absence de l’édile de la capitale, elle assure que la mairie continue de fonctionner normalement. «Depuis l’absence du maire, on n’a jamais convoqué un Conseil qui ne s’est pas tenu. Nous remercions Dieu parce que chaque fois, nous avons le quorum pour délibérer. Le maire a mis une équipe qui, en son absence, fait marcher la mairie. Khalifa Sall est toujours maire de Dakar avec ses grands projets qu’il traite en prison. Nous n’avons que des délégations de signature», souligne-t-elle.
bgdiop@lequotidien.sn

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