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L’ex-seconde épouse de Me Madické Niang a trainé hier le sieur Cheikh Mbaye Guèye devant le tribunal des flagrants délits. La dame Ndèye Fatou Mbacké reproche à son ancien collaborateur le délit supposé d’abus de confiance portant sur une somme avoisinant 10 millions de francs. En fait, après avoir acheté un terrain à Touba, elle a décidé de construire un R+2 qui devait être livré avant le Magal passé. D’ailleurs, ledit terrain est acquis auprès de l’oncle du prévenu pour une valeur de 35 millions de francs. Et pour les besoins de la construction de cette maison d’accueil, l’ancienne femme de Madické s’est attachée les services de Cheikh Mbacké Guèye qui se trouve aussi être le petit ami de sa sœur cadette. Car, elle est prise par ses activités politiques et professionnelles.  Gérante de deux entreprises Btp, Ndèye Fatou Mbacké a créé aussi un mouvement politique qui a fini de déposer son baluchon à l’Apr. Ce qui ne lui permet pas de veiller personnellement aux travaux de construction à Touba. C’est ainsi qu’elle a demandé au prévenu d’assurer la surveillance de ces travaux sans bourse délier. Elle lui a ainsi demandé de lui trouver un quincailler qui dispose d’un compte bancaire à partir duquel elle pourrait envoyer des sommes d’argent pour l’achat des matériaux de construction.
Après avoir reçu du maçon les devis, la dame Ndèye Fatou Mbacké les valide avant de faire une copie qu’elle remet à Cheikh Mbacké Guèye.  Et c’est suite à cette validation que le maçon pouvait prendre le matériel chez le quincailler. Mais Cheikh Bamba Guèye ayant compris qu’il ne va pas toucher l’argent, a muri un ingénieux plan. Et au lieu de remettre à la bonne dame le numéro de compte d’un quincailler, il lui a plutôt remis celui d’un tenancier d’une boutique Wari. C’est ainsi qu’après chaque versement, il venait récupérer les montants alors qu’il ne devait toucher au moindre sou.
Tout au début les choses marchaient bien. Mais, à un moment le matériel se faisait désirer chez les maçons. Ce qui a bloqué les travaux à Touba. Un jour, il est allé récupérer le matériel de construction dans le chantier. Interpellé par le gardien, le prévenu a fait savoir à ce dernier qu’il a des bisbilles avec le fournisseur. Quelques jours après, il est revenu chercher des briques. Et comme, il faisait un peu nuit, le gardien lui a suggéré d’attendre le lendemain. C’est ainsi qu’il s’en est ouvert à la propriétaire. Mais  Cheikh Bamba Guèye est revenu le lendemain comme prévu pour prendre 520 briques qu’il a vendues au prix de 125 000 francs. Avec cette somme, il a remis 70 000 francs au gardien en guise de salaire. Mais,  il n’aura pas le temps de reverser le reste de l’argent à la partie civile comme il l’a laissé entendre devant la barre. Car, il a été cueilli et placé sous mandat de dépôt pour «abus de confiance».

Il risque 2 ans ferme
Devant la barre, le prévenu n’a pas nié les faits. Seulement, il n’a pas accordé  ses violons avec la dame sur le montant du préjudice dont il est accusé. Si Ndèye Fatou soutient le montant de 7,5 millions de francs, lui ne reconnait que la somme de 5 940 000 francs.  Entendu à titre de témoin, l’entrepreneur Moussa Diop est revenu sur les modalités du travail en précisant que tout marchait bien pendant les trois premiers mois. Mais il éprouvait toutes les difficultés pour avoir du matériel pour faire correctement son travail.
Le gardien a aussi indiqué que le prévenu a bel et bien pris le matériel de construction et les briques qu’il a vendues. La partie civile a réclamé en guise de réparation la somme de 6 millions de francs. A en croire le parquet, le mis en cause est un coutumier des faits. Selon lui, l’abus de confiance ne souffre d’aucun doute, en attestent les briques qu’il a vendues.  Il a requis 2 ans de prison ferme contre le prévenu.
Une idée que ne partage pas la défense selon qui, les relations entre la partie civile et leur client sont louches. Et la plaignante n’est pas en mesure de quantifier son préjudice qu’elle estime tantôt à 7 200 000 francs ou plus alors que le prévenu ne reconnait que la somme de 5 900 000 francs. Ils ont plaidé la relaxe pure et simple en sollicitant l’expertise pour déterminer ce préjudice. L’affaire sera vidée le 5 janvier.
justin@lequotidien.sn

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