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Babacar Ngom, président du Cis.

Le «show» médiatique offert par le patron de la Sedima la semaine dernière a fait réagir les populations de Djilakh. A travers une marche pacifique dans leur village, elles ont demandé au Président Macky Sall de retirer le titre foncier délivré à Babacar Ngom. En plus de démentir tous les propos tenus par l’homme d’affaires lors de sa conférence de presse, la population de Djilakh compte organiser une marche nationale le 17 juillet prochain à la Place de l’Obélisque à Dakar.

Le bras de fer est loin d’être fini entre les populations de Djilakh et le patron de la Sedima. Décidées à ne pas laisser le plus petit lopin de terre à Babacar Ngom, elles ont arpenté hier les artères du village en arborant des brassards rouges en signe de protestation. Elles demandent au chef de l’Etat Macky Sall de retirer le titre foncier allouant 225 ha à M. Ngom. «Aujourd’hui, le village de Djilakh conteste avec la dernière énergie cette décision, ce décret signé par le Président Macky Sall», a rappelé Djibril Sène, coordonnateur du Collectif pour la défense des intérêts de Djilakh.
A travers cette marche pacifique, la population apporte un démenti à la sortie médiatique du patron de la Sedima dont le «show» de la semaine dernière n’a servi qu’à dire des «contrevérités». «Il n’a dit que des contrevérités lors de son show. Il a parlé de construction de routes. Je tiens à préciser que c’est faux et cela n’existe pas. Vous pouvez le constater de vous-mêmes. Ici à Djilakh, il n’y a aucune route que Babacar Ngom a construite. Autre chose, quelle que soit la route que l’Etat du Sénégal pourrait construire ici, si ce n’est pas la route qui vient de Mbour en passant par Fandane, Takhoum, Djilakh et Tassette, ça ne nous concerne pas», avertit M. Sène.

La population a également démenti les prétendus dédommagements ou indemnisations évoqués par Babacar Ngom dans sa conférence de presse. Selon le coordonnateur du Collectif, tout son argumentaire a été bâti sur du faux. «Que cela soit très clair. Il n’a indemnisé personne et c’est contradictoire même, puisque dans sa déclaration il dit qu’il a trouvé cette forêt intacte et que c’est lui qui a débroussaillé et arraché les arbres. Ce qui est marrant, c’est qu’il revient pour dire qu’il a indemnisé et il a dédommagé. C’est contradictoire. S’il n’y a pas occupation, pourquoi indemniser ? Qui a-t-il dédommagé ? Donc, il y a des non-dits», dit Djibril Sène sur un ton dépité. A l’en croire, les 30 millions qu’il brandit comme indemnisation ne sont que des frais de bornage. «On lui a donné une délibération de 300 ha. La commune lui a vendu l’hectare à 100 mille francs Cfa, donc 300 ha ça fait 30 millions. En réalité, ce ne sont que des frais de bornage qu’il a payés à la commune. Donc, Djilakh n’a rien à avoir avec tout ça», assure-t-il.

Pas d’électricité ni de route
La population a saisi l’occasion de cette marche pour poser la question de l’électrification de la zone. Des poteaux ont été installés depuis 2018, mais c’est en 2019 que des fils ont été mis. Et jusqu’à présent, il n’y a pas d’électricité. C’est pourquoi les populations pensent que le Président Macky Sall a complétement tourné le dos à la jeunesse de Djilakh. A en croire certains témoignages recueillis sur place, depuis 1960, Djilakh réclame une route et de l’électricité en vain. Même s’il bénéficie d’adduction d’eau, il paye le mètre cube à 275 francs Cfa ; une facture qu’elle juge salée. Pour le moment, la population de Djilakh dit avoir un seul et unique objectif : «C’est Babacar Ngom, ce sont les 225 ha qu’il détient comme titre foncier et qui a été signé par Macky Sall. C’est ça notre priorité. Maintenant les populations de Ndingler et Djilakh sont des parents, des collaborateurs. Il y a des liens historiques qui nous lient à cette population. Ce n’est pas un prédateur qui vient de loin qui va nous mettre en mal avec ce village», conclut M. Sène. Après l’acte 2, la population compte organiser une marche le 17 juillet prochain, une marche nationale à Dakar à la Place de l’Obélisque, avec toutes les forces vives de la Nation.

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