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L’inscription de Karim Wade sur les listes électorales est valable selon le Pds. A la Direction générale des élections qui brandit l’article L31 du code électoral, les Libéraux lui opposent les articles L36 et L37 et préviennent qu’ils «n’accepteront jamais une Présidentielle sans leur candidat, Karim Wade».

Karim Wade, inscrit au Koweït le 16 avril 2018 sous le numéro de demande 80651515 devant la commission administrative et en présence du représentant de la Cena, «figure bien» sur les listes électorales. C’est la conviction du Parti démocratique sénégalais (Pds). Le parti de Abdoulaye Wade répond ainsi à la Direction générale des élections sous la responsabilité de Aly Ngouille Ndiaye qui estime qu’en vertu des dispositions de l’article L31 du Code électoral, l’ancien ministre n’est pas électeur. Mais pour les Libéraux, «le ministère de l’intérieur ne peut ni ajouter, ni modifier, ni supprimer une inscription, encore moins interpréter une décision de justice». Selon les partisans de Wade-fils, l’article L30 du Code électoral dispose que «nul ne peut refuser l’inscription sur les listes électorales à un citoyen sénégalais jouissant de ses droits civils et politiques et remplissant les conditions fixées par les articles L36 à L37». En point de presse hier au siège Oumar Lamine Badji transformé en méga meeting, le Pds a montré sa «ferme» volonté et sa détermination de faire de Karim son «seul et unique» candidat. «Karim Wade, candidat du Parti démocratique sénégalais à l’élection présidentielle de 2019, est donc définitivement inscrit sur la liste électorale. Il dispose d’un récépissé en bonne et due forme, délivré par la commission administrative du Koweït. Il n’a, et ne peut, ni être omis ni radié du fichier électoral. Même en faisant du maa tay (forcing), Macky Sall ne peut retirer son nom du fichier électoral», soutiennent les Libéraux. Face à la forte mobilisation des militants, le coordonnateur adjoint du Pds a indiqué que la commission administrative du Koweït n’a notifié à Karim Wade aucun rejet, refus d’inscription ou radiation. Mais au contraire, dit Oumar Sarr, c’est un récépissé qui lui a été délivré le 16 février 2018, confirmant ainsi son inscription sur la liste électorale. «Lorsque la commission refuse d’inscrire un électeur, cette décision lui est notifiée. L’intéressé qui en est ainsi informé dispose d’un délai de trois jours pour saisir le président du Tribunal d’instance ou le chef de la représentation diplomatique ou consulaire qui rend sa décision dans les 24 heures de sa saisine», dit-il encore citant l’article 8 du décret portant révision exceptionnelle des listes électorales.

«Le Pds n’acceptera pas qu’une élection soit organisée sans Karim»
Or, d’après le parti de Wade, son candidat n’a reçu aucune notification d’une modification de son statut comme la loi l’exige. Et Oumar Sarr d’ajouter : «Dans ces conditions, l’Administration, (la commission administrative siégeant à l’ambassade du Sénégal au Koweït ou les services centraux du ministère de l’Intérieur), est forclose à la date du 2 juillet 2018 à évoquer le rejet d’une demande d’inscription sur la liste électorale, matérialisée depuis le 16 avril 2018 et qui est devenue définitive. La commission, agissant hors délai, est irrecevable et n’a aucune compétence pour procéder à la modification, au changement de statut ou à la radiation de Karim Wade du fichier électoral, la révision du fichier électoral étant terminée depuis le 30 avril 2018.» Alors, le Pds reste convaincu que son candidat «jouit de tous ses droits civils, civiques et de famille» après sa condamnation par la Crei. Ce que par ailleurs, souligne-t-il, «avait confirmé l’ancien Garde des sceaux, ancien ministre de la Justice, Maître Sidiki Kaba». Par conséquent, avertit-on, «le Pds n’acceptera pas qu’une élection soit organisée sans son candidat désigné, Karim Meïssa Wade». D’ailleurs, Me El Hadji Amadou Sall et ses camarades ont rappelé qu’à l’époque, la Cour de répression de l’enrichissement illicite, dans son arrêt en date du 22 mars 2015, avait retenu que Karim n’a pas perdu ses droits. Ils considèrent que «les violations répétées de la Constitution, des lois et des règles de notre démocratie constituent une véritable déclaration de guerre» de la part du président de la République. Et ils préviennent : «Macky Sall portera l’entière responsabilité de cette situation et répondra de ses actes le moment venu, tout comme ses complices.» En attendant la bataille médiatique va se poursuivre. Car les avocats de Karim Wade vont faire face à la presse jeudi et le Comité directeur se réunira vendredi dans l’après-midi.
msakine@lequotidien.sn

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