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Jusqu’ici confronté à des frondes d’une figure du parti, Me Abdoulaye Wade fait aujourd’hui face à une défiance menée par plusieurs responsables qui rejettent la composition du nouveau Secrétariat national du Pds. Les stratégies déroulées ce vendredi dans son camp comme dans l’autre pourraient dessiner le visage de l’avenir du Pds.

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) renoue avec ses vieux démons. Ce vendredi, c’est une partie du destin de la formation politique de Me Abdoulaye Wade qui se joue. Il aura suffi d’un acte du «Pape du Sopi» pour (re)mettre le parti sous le feu des projecteurs : la mise en place du Secrétariat national dans lequel les militants de la première heure sont écartés au profit des proches de Karim Wade qui occupe le poste stratégique de chargé de l’Organisation, de la modernisation et de l’élaboration des stratégies politiques. Mais la nouveauté constitue les profils des frondeurs. Des proches de Wade. Oumar Sarr, évincé sans ménagement de son poste de numéro 2 après avoir bravé l’interdit du parti en participant au dialogue national le 28 mai dernier, Me El Hadji Amadou Sall, éjecté de son poste de porte-parole, Babacar Gaye, ex-directeur de cabinet politique de Wade, Abdou Aziz Diop, député et proche de Oumar Sarr…

Conférence de presse des 2 camps
Pour la première fois, le Pds qui vient de fêter ses 45 ans d’existence, fait face à une fronde orchestrée par de plusieurs gros pontes. Jusqu’ici, le parti libéral a connu la fronde de Serigne Diop au milieu des années 1980 conduisant à la création par l’ancien Garde des sceaux du Pds/Rénovation. C’est le cas après les élections législatives de 1998 avec la naissance des flancs du parti libéral du Parti libéral sénégalais (Pls) de Me Ousmane Ngom. Les cas de Idrissa Seck, Macky Sall et Modou Diagne Fada entraient dans la même lignée de ces échappées solitaires. Aujour­d’hui, Me Wade fait face à une défiance de plusieurs responsables de son parti. Pas électoralement parlant car à part Oumar Sarr, les autres n’ont pratiquement pas de base politique solide. Mais leur statut de figures de proue dans le parti était réel. Des responsables qui ont cheminé avec Wade durant les années de braise. Après des réunions chez Me El Hadji Amadou Sall, le groupe de Oumar Sarr va définir sa stratégie de lutte pour contrôler le Pds. Ce sera au cours d’une conférence de presse cet après-midi.
Mais auparavant, le camp loyaliste fera face aux journalistes. Les jeunes montent au front. L’Union des jeunesses travaillistes et libérales (Ujtl) et le Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel) vont se prononcer sur le cas des frondeurs et justifier une fois de plus les choix opérés par Me Wade. Vont-ils demander leur exclusion du parti ? En tout cas, l’avenir du Pds dépendra beaucoup des actes posés d’un côté comme de l’autre.

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