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C’est un projet qui avait fait l’unanimité, mais il est rattrapé par les polémiques et les contestations. Après la famille Niassène, c’est celle Ndiéguène qui conteste la partie qui lui est consacrée dans l’ouvrage sur l’Histoire générale du Sénégal (Hgs) où a été cité «nommément notre père et guide El Hadji Amadou Sakhir Ndiéguène Borom Pilayane bi comme faisant partie des figures religieuses sorties de l’école du Vénérable Cheikh El Hadj Malick Sy : c’est une contrevérité, une hérésie, une totale méconnaissance de cette grande personnalité, de son vénérable père El Hadji Amadou Baro Ndiéguène de Thiès et même de leur famille», dit le porte-parole de la famille qui demande à la commission de la «rédaction de cet important ouvrage, avec à sa tête l’honorable Professeur Iba Der Thiam, de rectifier et s’informer à bonne source pour éviter de tels impairs de parti pris et/ou d’insulte à la mémoire de ces grands hommes qui font la foi et la fierté de millions de fidèles à travers le monde».
Cette sortie fait écho aussi à l’annonce de Ahmed Khalifa Niass qui a brandi une plainte contre le Professeur Iba Der Thiam et le comité de rédaction de ce projet, après avoir invité «les avocats, juristes, disciples ou membres de la famille Niassène à se mobiliser pour le combat de l’honneur et de la dignité de El Hadj Abdoulaye Niass, le grand et ses illustres enfants». «Iba Der Thiam est le problème. Il ne peut être la seule personne solution», dit-il.
Dans une note, Pr Iba Der Thiam, coordonnateur du projet, a tenu à apporter les précisions pour éteindre ces foyers de polémique : «Dire que telle ou telle personne appartient à l’école de tel autre signifie simplement qu’ils partageaient la même vision de l’islam à travers leur commune appartenance à la Tidjaniyya», précise en effet Iba Der Thiam. Qui soutient que l‘on peut être dans la même école de pensée que quelqu’un sans avoir été son élève. «Cela ne veut point dire qu’il y a une hiérarchie quelconque entre El Hadji Malick Sy et El Hadji Abdoulaye Niass, encore moins que l’un aurait été l’élève de l’autre», insiste le Professeur.
Concernant le voyage de El Hadji Abdoulaye Niass au Maroc, l’historien y est revenu, précisant que ce n’était pas pour «s’acquitter aussi d’une mission spéciale qu’on lui aurait confiée», comme le comprend la famille Niassène, mais plutôt qu’il (El Hadji Abdoulaye Niass) «avait formé le projet de se rendre au Maroc pour effectuer un pèlerinage, mais aussi pour s’acquitter d’une mission que lui avait confiée son frère et ami El Hadji Malick Sy qui ne pouvait pas la remplir lui-même parce qu’étant contraint par ses obligations». Et de son retour de voyage au Maroc où il s’était rendu pour «visiter le tombeau de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif, fondateur de la confrérie, El Hadji Abdoulaye Niass a été accueilli par El Hadji Malick Sy pendant trois mois à Tivaouane». Séjour durant lequel, précise le communiqué, El Hadji Abdoulaye Niass présidait les prières et dispensait un enseignement de haut niveau auprès des talibés. Selon Iba Der Thiam et Cie, il présidait, d’après «certaines sources», les cérémonies de mariage et avait à l’époque plus de 60 ans, dépassant ainsi l’âge d’aller à l’école. Le livre retraçant l’histoire du Sénégal reconnaît également que Eh Hadji Abdoulaye Niass a combattu le système colonial en refusant d’amener ses enfants à l’école française et que sa maison était saccagée, sa mosquée brûlée, les talibés de son école dispersés. Par conséquent, le guide niassène «préféra émigrer en Gambie pour y poursuivre son action d’éducation et de formation», précise M. Thiam.

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