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Amadou Diaby est un jeune entrepreneur agricole qui a exploité, pour cette campagne, 218 ha de différentes spéculations. Cet ancien émigré le fait sans équipement lourd. Il est parvenu avec beaucoup de difficultés à lutter contre l’enherbement de toutes ces surfaces par défaut de main-d’œuvre. Le planning de travail s’en est trouvé très perturbé. M. Diaby a donné ces informations mardi passé, au cours d’un forum axé sur le thème : «Sensibilisation sur les innovations et nouvelles technologies agricoles ; respect des itinéraires techniques, professionnalisation et mise en réseau des producteurs.» La réaction de Khadim Diop, président du Conseil national de la jeunesse du Sénégal (Cnjs), ne s’est pas fait attendre. Invité à ce forum, il a manifesté tout son étonnement à apprendre que les jeunes rechignent à être employés temporairement dans les champs. Il a déclaré : «Je suis étonné d’apprendre que la main-d’œuvre est une contrainte à l’entreprenariat agricole. D’autant que ce n’est pas gratuit, c’est payé. Il y a des opportunités à saisir à travers l’agriculture», a-t-il dit.
Le préfet du département, Abdourahmane Ndiaye, qui a présidé la rencontre, a demandé à la jeunesse de Vélingara, zone de départ pour l’émigration clandestine, à s’inspirer de l’exemple de M. Diaby pour se convaincre qu’il est possible de réussir au Sénégal en exploitant la terre.
Les autres contraintes auxquelles fait face l’Entreprise Diaby et frères (Edf) sont le difficile accès à la terre, au marché, au crédit et la divagation des animaux.

«Il y a encore l’espoir d’avoir de la pluie»
Septembre a été très peu pluvieux dans le territoire départemental. Et les cultures s’en portent assez mal. Mais il n’y a pas de quoi s’alarmer outre mesure. Le chef du Service départemental de la météorologie a essayé de rassurer les producteurs qui ont assisté à ce forum. Diamé Cissokho s’est justifié : «Il y a toujours de l’espoir d’avoir de la pluie. La zone se trouve encore sous l’influence du Fit (front intertropicale). Nous avons encore 2 semaines, à partir du 24 septembre, d’hivernage. Donc, continuons à prier pour avoir la pluie chez nous.»

«La Sodagri a commencé à irriguer les rizières»
Les producteurs qui ont exploité les terres aménagées dans le bassin rizicole de l’Anambé n’ont pas à s’inquiéter de la sécheresse des surfaces emblavées. Du moins certains. Mahmoud Ndiaye, responsable du périmètre aménagé à la Sodagri (Société agricole et industrielle du Sénégal), a informé en marge de ce forum qu’«à partir de ce jour (mardi 26 septembre), nous avons commencé à ouvrir les vannes pour des irrigations d’appoint dans les secteurs 3, 4 et 5, soit les zones électrifiées. Le secteur G va louer les services d’un groupe électrogène pour l’irrigation des rizières qui se trouvent de ce côté-là».
Pour cette campagne, sur les 5 000 ha de terres aménagées dans la vallée de l’Anambé, 4 117 sont emblavés dont 3 951,88 en riz et le reste en maïs, arachide et autres. La Sodagri maintient ses objectifs de rendement de 5 tonnes à l’hectare, selon Mahmoud Ndiaye.
Pour la phénologie, la Sodagri informe que 1 000 ha sont en phase d’épiage, 3 350 ha en phase de montaison et que même si la pluie s’arrêtait, l’irrigation d’appoint peut assurer la phase de maturation des cultures.
akamara@lequotidien.sn

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