PARTAGER

«La renégociation du contrat entre l’Etat du Sénégal et les Industries chimiques du Sénégal (Ics)», c’est ce que demande le Coordonnateur national adjoint du Forum civil, Abdoul Aziz Diop, face «à la récurrence des conflits entre les Ics et les populations de sa zone d’implantation». Il s’exprimait en marge du lancement de l’atelier de recherche-action sur les indicateurs pertinents du développement durable dans le département de Tivaouane, notamment dans l’arrondissement de Méouane. En effet, c’est suite à l’interpellation de 21 personnes au village de Tobène, situé dans la commune de Méouane, par les Forces de l’ordre venues encadrer l’opération d’évaluation des personnes impactées par l’avancée de la mine au niveau de ce site d’extraction des Ics.
«Lors de cette opération tenue ce mercredi 12 août 2020, nous avons assisté à des bisbilles entre populations de Tobène et les Forces de l’ordre. C’est une situation récurrente qui découle de plusieurs facteurs», déplore Abdoul Aziz Diop, par ailleurs Coordon­nateur régional de la Coalition Publiez ce que vous payez (Pcqvp). M. Diop d’expliquer : «Dans le nouveau Code minier de 2016, il y a l’article 94 qui parle du respect des droits humains, socio-économiques et environnementaux. Mais on voit que les entreprises foulent au pied les droits des populations et sans voie de recours. C’est une situation que l’Etat devrait prendre à bras-le-corps». Et de son avis, «la solution structurelle et durable qui vaille et pour l’intérêt de tous, c’est la renégociation du contrat entre l’Etat du Sénégal et les Ics pour rééquilibrer en faveur de l’Etat mais aussi des collectivités locales territoriales impactées. Parce que c’est une situation qui ne peut pas prospérer, sinon ce sont des conflits récurrents qui viendront». Aussi et pour la simple raison «que l’Etat n’en profite pas et les Ics ne payent aucune redevance, encore moins de taxes à l’Etat du Sénégal et aux collectivités riveraines impactées». Pendant ce temps, regrette-t-il, «les populations sont dépossédées de leurs moyens de survie». Ainsi et de demander à ces dernières de «passer de l’indignation à l’action à travers les cadres de concertation, les voies de recours à travers les textes mais également à travers les juridictions».
Revenant sur l’atelier organisé par Enda Diapol dans le cadre du projet de renforcement du rôle et de la place des sociétés civiles du Sud dans la mise en œuvre d’un agenda 2030, Mamadou Abdoulaye Mbengue, Secrétaire exécutif Enda Diapol, de soutenir que «l’atelier de recherche-action permettra à terme de définir de manière pertinente les indicateurs de développement durable». Parce qu’en réalité, poursuit M. Mbengue, «il s’agira à travers ce projet d’amener les populations et les communautés à un apprentissage du développement durable. Parce que si les Omd ont commis un échec c’est parce que quelque part, il y a eu cette carence dans la participation citoyenne dans la mobilisation des communautés». D’où la mise en œuvre de ce projet dans l’arrondissement de Méouane, afin «d’impliquer les populations pour qu’à terme, elles puissent sentir une avancée dans l’appropriation mais également, susciter la participation de l’ensemble des acteurs pour l’atteinte des objectifs en 2030 des Odd».

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here