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La transparence dans la gestion des ressources pétrolières et gazières, est un sujet qui tient à cœur le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, qui était le parrain des journées scientifiques, sportives et culturelles des élèves de l’Ecole polytechnique de Thiès (Ept). Il a expliqué les ressorts du contrat avec Petro Tim.

Intervenant sur ce thème de la «Place du polytechnicien dans les nouvelles politiques énergé­tiques : cas du pétrole et du gaz», ce samedi, à Thiès, l’ancien élève ingénieur de l’Ept, a précisé d’emblée : «Je ne suis pas un expert du secteur. J’ai juste eu la chance d’exercer les fonctions de ministre de l’Energie, quand le Président Macky Sall a été porté à la tête du pays. J’en suis très fier parce que c’est peut-être avec notre touche, que le pétrole a commencé à jaillir dans ce pays, que le Sénégal est qualifié de pays gazier.» Le ministre Aly Ngouille Ndiaye est revenu ensuite sur la nécessité, pour les élèves ingénieurs, de «comprendre comment marchent les contrats de pétrole et de gaz». Et de signaler : «De toute façon ce sont des documents publics, rien n’est secret. Et dans beaucoup de grands pays dits développés, les contrats sont encore confidentiels. Mais au Sénégal tous les contrats ont été publiés. Il y a juste une modification qui concerne les contrats miniers, parce qu’il y a une clause de confidentialité. Mais les contrats pétroliers n’ont jamais été des contrats secrets. Et même les contrats dont on parle aujourd’hui, c’était publié il y a au moins 7 ans.»
Revenant sur le contrat polémique de Petro Tim, et dans lequel le frère du Président, Aliou Sall, aurait bénéficié de pots-de-vin, le premier flic du Sénégal a expliqué : «Dans ce contrat qui fait beaucoup de bruits, nous attendons déjà sur le premier gisement, 114 milliards de dollars en termes de revenus. Sénégal moitié, côté Mauritanie moitié. Parce que nous avons un contrat qui lie les deux pays. C’est-à-dire, il y a un seul opérateur, qui exploite le gisement des deux champs.» Il poursuivra : «Au niveau des recettes attendues, c’est 114 milliards de dollars. Lorsqu’on sortira les investissements, parce qu’il faut investir pour exploiter, nous aurons à peu près 55 ou 57 milliards de dollars, sur lesquels l’Etat et Petrosen auront les 23 milliards, Bp 8 milliards et Kosmos énergy 4 milliards. Ça vous donne déjà une idée de ce qu’on gagne et ce qu’on perd. En tout cas beaucoup d’entrepreneurs et de futurs entrepreneurs sont là. Je pense qu’on ne partage que ce qui reste. On ne peut pas partager ce qui ne reste pas. Et dans ce qui reste, quand on partagera nous aurons les 2/3 et les autres vont se partager le tiers, entre Bp et Kosmos.» Le ministre de l’Intérieur fera ensuite remarquer : «Nous avons un contrat qui évolue en fonction de ce qui est trouvé sur le terrain. Le pourcentage dépend de ce qu’on a trouvé, quand on trouve plus de gaz et de pétrole. C’est un peu comme ça que les contrats sont libellés.»
Aly Ngouille Ndiaye insistera surtout sur la gestion transparente de ces ressources, ce qui a motivé, selon lui, l’adhésion du Sénégal à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie). Il va d’ailleurs se réjouir : «Aujourd’hui, nous avons des performances qu’aucun pays africain n’a eu au niveau de l’Itie. Moi, j’ai eu à menacer des entreprises minières pour leur dire : «Je vous retire votre licence si vous ne déclarez pas les revenus que vous avez gagnés.».» Pour dire, selon lui, «à quel niveau ça nous tenait à cœur d’être transparents». A ce titre, il signale que «le titulaire du contrat qui fait polémique est actuellement avec le Sénégal en arbitrage. Parce que nous lui avons retiré d’autres permis qu’il avait en 2011. C’est African Petroleum. D’ailleurs, le bloc que Total explore actuellement, c’est un bloc qui était attribué à African Petroleum. Main­tenant, le Sénégal intéresse les majors, parce que souvent les majors ne se lèvent pas pour n’importe quel bloc. Total est donc venu. D’habitude, les grands groupes ne viennent pas quand on n’a pas encore suffisamment découvert de gaz et de pétrole». Pour dire, selon lui, que «nous sommes sur une bonne lancée pour exploiter le pétrole». Dans son speech, il a demandé aux élèves ingénieurs «d’aller à la source. Vous devez vous documenter, vous êtes des ingénieurs sur lesquels ce pays compte beaucoup».
nfniang@lequotidien.sn 

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