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L’ancien ministre de l’Energie est prêt à répondre devant une commission d’enquête parlementaire sur la signature des contrats pétroliers entre l’Etat du Sénégal et la société Total. Thierno Alassane Sall a par ailleurs affirmé qu’il a bel et bien démissionné contrairement à la thèse de limogeage annoncée par le pouvoir.

Une commission d’enquête parlementaire sur la gestion des ressources naturelles au Sénégal. C’est la volonté de l’ancien ministre de l’Energie de Macky Sall. Invité hier de l’émission Grand jury de la Rfm, Thierno Alassane Sall s’est dit prêt à apporter des éclairages devant les députés sur les contrats pétroliers signés avec l’entreprise française Total. «Si on m’interroge devant une commission d’enquête parlementaire pendant un, deux, dix mois, je répondrai et sans faux-semblant ni faux-fuyant en donnant tout ce que je sais comme éléments», promet-il. Alors pour rendre cela possible, il a indiqué la voie aux Sénégalais. «Ils doivent prendre aussi les décisions nécessaires, quitte à demander une commission d’enquête parlementaire, faire des pétitions pour que les acteurs puissent se prononcer», estime-t-il.
Après son départ du gouvernement, l’Etat a parlé en son temps de limogeage mais lui soutient le contraire. «J’ai démissionné du gouvernement le 2 mai. Et une semaine avant, les prémices de cette démission étaient déjà accumulées (…). L’annonce officielle est intervenue plusieurs heures après (la mienne)», précise-t-il. Tout de même, Tas a refusé de dire si son départ a été matérialisé par une lettre mais déclare : «Ce jour-là, j’avais pris toutes les dispositions nécessaires pour marquer ma volonté de partir.» D’après lui, le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, qui avait assuré l’intérim, «ne connaissait pas les détails du contrat qu’il a signé et n’avait pas fait la passation de services avec son prédécesseur puisque la passation de services n’interviendra que 9 jours après, le 11 mai».
Thierno Alassane Sall a aussi donné sa version des faits dans l’affaire de la signature avec le géant pétrolier français. «Ce qui a été signé à Paris, c’est un protocole d’accord qui contenait l’intention d’ouvrir des négociations avec Total. Ce n’était en aucune façon une volonté déjà matérialisée d’octroyer à Total dans n’importe quelles conditions les permis qui ont été finalement signés», affirme-t-il contrairement au gouvernement qui a parlé de «pré-contrat». Et de renchérir : «La notion de précontrat n’existe pas en droit sénégalais me semble-t-il. En tout cas, ce qu’on a signé à Paris dans les conditions qui étaient déjà porteuses de rupture, ce n’était pas un précontrat, mais bien un protocole d’accord.»

«On ne se rangera pas derrière Idrissa Seck»
Par ailleurs, le président du mouvement «La République des valeurs» a également dénoncé les «couacs» notés durant les dernières élections législatives. Sur cette question mais aussi pour ce qui est de l’affaire Khalifa Ababacar Sall, il indexe le président de la République. «Il (Macky Sall) est la clé de voûte des institutions. Il est celui qui devrait veiller à ce que l’Assemblée nationale et la justice fonctionnent mieux ou en tout cas de faire engager les réformes nécessaires», rappelle-t-il. Toujours sur le dossier du maire de Dakar, Thierno Alassane Sall a tiré sur ses anciens compagnons de la mouvance présidentielle, soulignant que «lever l’immunité parlementaire de quelqu’un n’est pas un acte de haute gloire».
L’ex-coordonnateur des cadres de l’Alliance pour la république (Apr) a évoqué ses relations avec Idrissa Seck, leader du parti Rewmi. «A l’état actuel, il n’y a pas de discussions, il n’y en a pas eu non plus durant les Législatives. On ne se rangera pas (derrière Idrissa Seck), c’est très clair», assure-t-il.
msakine@lequotidien.sn

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