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L’hivernage 2016 n’a pas du tout été bon dans le département de Vélingara, du fait d’un arrêt précoce des pluies. Une réalité qui a impacté négativement le volume des productions réalisées. Malgré cette situation grosse de risques d’une installation précoce de la soudure, il est à craindre qu’elle soit exacerbée par une manie des paysans du Fouladou, relative au bradage des produits agricoles. C’est contre la vente à vil prix du peu de récoltes disponibles que l’Union départementale des groupes travail citoyen de Vélingara (Udgv), en collaboration avec l’Usaid/­YaaJeende a organisé la semaine dernière un forum axé sur «Les impacts du bradage des récoltes sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle». Il s’était agi, selon Ousmane Seydi, coordonnateur de l’Udgv, «d’analyser les causes et les conséquences du bradage des récoltes sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, faire des recommandations pour mettre fin au phénomène et puis de faire la promotion des produits locaux». Les communications et les débats qui ont suivi, à l’occasion, ont levé un coin du voile sur les causes. A en croire le conseiller agricole de l’Agence nationale du conseil agricole et rural (Ancar), Abdoulaye Diallo, «les causes sont à rechercher dans le faible pouvoir d’achat des producteurs du Fouladou qui sont obligés de vendre une partie de leurs productions pour régler des urgences familiales liées à la santé, à l’école, à l’agrément des plats et aux difficultés de stockage. En effet, les paysans étant obligés de se débarrasser de leurs productions pour ne pas les perdre faute de magasins».
Cette situation aura pour conséquence, selon Moussa Diarra, chef du Service départemental du développement rural, «l’appauvrissement des paysans, une installation précoce de la soudure qui sera très longue, la dépendance à la production extérieure au département et à un détournement des intrants agricoles subventionnés aux fins de s’acheter de la nourriture».
Comme solution à ce phénomène, le chef du Service départemental du développement rural, Moussa Diarra, a proposé de «développer la capacité de stockage des producteurs par la mise en place de magasins et de banques de céréales, ouvrir des points de vente appartenant aux producteurs qui fixent leurs prix de vente, promouvoir les unités de transformation des produits agricoles pour faciliter la conservation, promouvoir une bonne communication pour un changement de comportement».
A ce forum étaient conviés une centaine de producteurs issus des communes de Némataba, Kandia et Sinthiang Koundara, les maires des 14 communes du département, de même que les services techniques de l’agriculture, de l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar) et les exécutifs locaux déconcentrés.
akamara@lequotidien.sn

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