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Les commerçants ne peuvent pas compter sur les ambulants et les tenanciers de petites tables, dits «tabliers», pour donner du poids à leur mouvement de grève. Ces derniers ont occupé hier le pavé pour se faire de l’argent. Ils estiment que cette grève ne les concerne guère.

A chaque commerçant sa marchandise et ses problèmes. Le mouvement d’humeur des commerçants entamé hier pour fustiger l’augmentation des taxes douanières ne préoccupe guère les tabliers et les marchands ambulants. Au moment où les commerçants qui tiennent des cantines à Sandaga, Touba Sandaga et environs ont baissé les rideaux, les marchands ambulants ont occupé les rues et ruelles du centre-ville pour proposer des articles aux clients. N’allez pas leur demander pourquoi ils n’ont pas soutenu le mouvement d’humeur des commerçants. «C’est pour leurs intérêts qu’ils font cette grève. Cela ne nous concerne pas», a dit Pape Abdoulaye Ndiaye, les mains chargées des sous-vêtements et des caleçons. C’est aussi l’avis de Oumar Seck, un autre commerçant ambulant. «Quand nous avons des soucis avec les autorités, ils ne nous soutiennent pas. Et ce combat est le leur, parce qu’après ce sont eux qui vont nous vendre de la marchandise à des prix très élevés», a-t-il fait remarquer. Moussa Camara, un autre commerçant trouvé sur les lieux, précise qu’ils ne peuvent pas être en grève pour la simple raison qu’ils sont de petits vendeurs, communément appelés «tabliers», et des marchands ambulants qui n’ont rien laissé chez eux, contrairement aux grands commerçants très riches. Selon ce jeune commerçant venu du Baol, les commerçants peuvent se permettre d’aller en grève. Cela ne va pas perturber leur vie parce qu’ils ont suffisamment de ressources pour vivre.
En tout cas, la grève des commerçants était respectée à la lettre. Presque toutes les cantines et les magasins ont baissé hier leurs rideaux pour observer le mot d’ordre décrété par les syndicalistes. Ce qui faisait l’affaire des commerçants ambulants qui se frottent bien les mains en cette approche de l’ouverture des classes. Ayant le marché libre, ils écoulent facilement leurs articles. «Tout marche bien aujourd’hui. Il y a des clients et on ne se plaint pas», s’est réjoui Moustapha Gningue. Mais le malheur des uns ne fait pas forcément le bonheur des autres. Marie Louise Clémentine Tendeng, qui a quitté la Casamance pour faire des emplettes, s’est finalement résolue à se rabattre vers les tabliers pour acheter quelques habits pour sa nièce. «Je ne suis pas contente. Cette grève doit vite connaître son épilogue. Sinon je risque encore de passer plus de temps ici que prévu. Je suis venue pour faire des achats et repartir, mais voilà qu’il y a une grève des commerçants qui m’empêche de faire mes achats» a-t-elle dit.
Les commerçants ont décidé d’aller en grève pour protester contre l’augmentation des taxes douanières par les autorités et contre l’exigence de certains papiers pour ceux qui s’activent dans le secteur informel. Ils ont ainsi décrété une grève de 3 jours pour se faire entendre et ramener l’Etat à de meilleurs sentiments.

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