PARTAGER

S’opposer à la construction d’un deuxième quai de pêche a coûté hier aux pêcheurs de Mbour de compter dans leurs rangs de nombreux blessés et une cinquantaine de personnes arrêtées par les Forces de l’ordre.

Les pêcheurs de Mbour n’ont pas fait face hier à une mer agitée, mais plutôt à une chaude matinée. Il nous revient en effet que les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation d’une cinquantaine de personnes, après qu’il a été enregistré de nombreux blessés dans les rangs des manifestants et des policiers qu’ils ont attaqués. Une situation qui n’est rien d’autre que la conséquence des violents affrontements ayant opposé hier ces acteurs du secteur de la pêche aux Forces de l’ordre. Les pêcheurs ont en fait contesté une sommation qui leur avait été faite de déguerpir l’actuel quai de pêche du port de Mbour en vue de la construction d’un nouveau sur le site qui sert à amarrer les pirogues.
Appréciant les heurts entre la police et ses collègues, un manifestant dira : «On ne peut pas faire du forcing. Ce n’est pas bon. Il y a plusieurs arrestations qui ont été opérées, plus de 50 personnes ont été interpellées. On note des blessés à l’hôpital et des maisons gazées. Ce n’est pas normal. Il faut des négociations.» Le porte-parole des pêcheurs, Badou Ndoye, qui exige la libération immédiate de ses camarades, est intransigeant au sujet de ce projet de l’Etat. Puisqu’il déclare : «Nous ne voulons pas ici d’une deuxième construction. Nous n’en avons pas besoin. Ce quai de pêche est notre patrimoine national.» Et Ndoye de poursuivre sur le même ton pour avertir : «Les populations du quartier Tefess ne veulent pas d’un nouveau quai de pêche.» Il ne manquera pas de déplorer le fait que les policiers aient lancé des grenades lacrymogènes dans les maisons où certains des manifestants avaient trouvé refuge.
Un agent de police fera même les frais des actions des manifestants. Poursuivi par les manifestants déterminés à lui régler son compte, fait remarquer Sene­web, ce policier fera l’objet d’un passage à tabac de la part de ceux-ci, avant de se réfugier dans une maison.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here