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Le directeur exécutif d’Action solidaire internationale, Mamadou Barry, a demandé hier la fermeture de la centrale à charbon de Bargny pour se focaliser sur les centrales solaires. Ce qu’a rejeté le député de l’Apr Samba Demba Ndiaye qui, après avooir interrompu l’interview de M. Barry, a estimé qu’il est hors de question que la centrale soit fermée. Ils s’exprimaient tous les deux hier, lors d’un atelier.

Des parlementaires, des élus et des organisations de la Société civile se sont réunis hier pour s’imprégner des enjeux de la centrale à charbon de Bargny afin de prendre des mesures idoines. Une occasion pour Mamadou Barry, directeur exécutif d’Action solidaire internationale, de dire ce qu’il pense sans y aller par quatre chemins. «Ce que les populations demandent, c’est que de façon rapide que la centrale à charbon puisse être fermée. Mais justement, la centrale doit être fermée», a-t-il dit.
Selon M. Barry, cette centrale est venue au moment où le Sénégal avait un problème d’électricité. Mais maintenant «que nos autorités sont en train de trouver des solutions avec l’implantation des centrales solaires, moi et les populations de Bargny estimons que l’Etat n’a plus rien à faire avec la centrale. Il doit tout simplement la fermer et se focaliser sur les centrales solaires qui assurent au moins la durabilité».
Toutefois, sa déclaration n’a pas plu au député Samba Demba Ndiaye. Très remonté, ce dernier n’a pas hésité à interrompre Mamadou Barry, alors qu’il était en pleine interview, pour déclarer à la suite de ce dernier : «Là, nous ne sommes pas d’accord. L’Etat a investi 157 milliards de francs Cfa. On ne va pas fermer ça comme ça. On va trouver des solutions aux problèmes des populations, mais la fermer quand même ! Nous sommes là pour trouver des solutions.»
M. Ndiaye, par ailleurs membre du Réseau parlementaire pour l’environnement au Sénégal (Repes), a ajouté que la centrale a des enjeux de développement. Parce qu’«un pays ne peut pas se développer sans énergie. Comme vous l’avez suivi, le Sénégal a été confronté à un problème d’énergie, mais à un certain moment il fallait trouver des solutions».
Il a rappelé en outre que l’Etat «a pris la décision d’opter pour une approche énergies renouvelables, énergies fossiles. Et c’est en ce moment qu’est née l’idée de cette centrale».
Néanmoins, ce député de l’Alliance pour la République (Apr) a reconnu que la centrale à charbon a des effets négatifs qu’il faut corriger. «Heureusement que l’Etat a pris cette décision de transformer cette centrale en 2021. Je pense qu’il ne reste que deux ans pour qu’on oublie tout ce qui est charbon et le remplacer par le gaz.»
S’il minimise les deux années qui restent pour la transformation, Mamadou Barry pense le contraire. «Aujourd’hui, des solutions devraient être rapidement pensées par les autorités, mais également il faudrait que des alternatives puissent être prises. Maintenant, attendons ceux qui parlent de solutions pour 2021 ! Nous prions pour que des solutions puissent avoir lieu», a-t-il dit. Non sans citer quelques impacts de la centrale sur les populations. «Bargny est confrontée à un problème d’érosion côtière et toutes ces maisons qui ont été détruites par l’avancée de la mer, leurs familles devraient être relogées dans le site où se trouve la centrale», a déploré M. Barry. Qui ajoute : «Les populations souffrent. Nous avons travaillé avec les femmes qui transforment les produits halieutiques. Nous avons investi des millions pour construire des fours pour leur permettre justement de faire leur travail. Aujourd’hui, elles ne peuvent pas utiliser ces fours parce que tout simplement il y a ces menaces de la centrale.»
Lui emboîtant le pas, Ousmane Thioune, qui présentait une étude sur la centrale, a confirmé que ledit ouvrage a des conséquences négatives sur les populations de Bargny. «On peut noter les rejets de cendre et les cendres renferment des particules fines qui sont néfastes à la santé des populations. Bargny a une activité économique relative à la pêche, et la centrale est à 600, à 700 mètres de la mer, alors qu’en face il y a un site pour faire revivre l’écosystème marin», a expliqué ce directeur général de l’Organisation pour le travail et le développement (Otd). Qui ajoute qu’«il y a de potentiels rejets de l’eau de refroidissement qui risque d’atteindre un certain nombre de températures».
Il conseille à ce propos d’instaurer des mesures strictes toute l’année pour voir s’il n’y a pas de modification de température au niveau du milieu marin, «car ça risque de compromettre l’écosystème marin qui permet aux poissons de grandir et d’être pêchés».

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