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Les populations de la commune de Ninéfécha sont sorties samedi dernier pour manifester leur courroux à l’endroit de leur maire Dondo Keïta. Il lui est reproché sa gestion «nébuleuse» des biens de la commune, des fonds alloués aux secteurs de l’éducation et de la santé, du bus de l’hôpital, des contrats des amodiataires, entre autres. Le mis en cause parle d’épiphénomène et de manipulation d’un adversaire politique en perte de vitesse.

Le torchon brûle entre l’édile de la commune de Ninéfécha et ses administrés pour ne pas dire une frange de la population, mobilisée derrière le conseiller municipal Sory Cissé. Sous la coupole de ce dernier, les populations locales ont battu le macadam samedi dernier pour exprimer leur mécontentement face à la gestion jugée «nébuleuse» du maire des biens de la commune. Les manifestants ont reproché au maire et à son équipe la gestion par rendez-vous des préoccupations des populations, notamment pour l’établissement d’un papier d’état-civil, la non-occupation du local abritant les services de la municipalité, la signature de certains contrats dans l’opacité comme celui des amodiataires, la mise en circulation du bus de l’hôpital, entre autres. «Pour se faire établir un certificat de résidence ou faire une copie littérale, vous êtes obligés de prendre rendez-vous au téléphone avec le secrétaire municipal qui réside à Bandafassi», se plaint Sory Cissé, meneur de la marche. Selon lui, «c’est un drame» que vivent les populations de Ninéfécha. Il poursuit dans son offensive : «Il y a une nébuleuse autour des contrats du secrétaire municipal et celui du chauffeur du maire. Nous voulons être édifiés là-dessus.»
Par ailleurs, le sieur Cissé et ses camarades n’ont pas manqué de fustiger le «retard» noté dans la dotation en fournitures scolaires, en passant par le dispatching des fonds de dotation alloués au secteur de la santé. A cet effet, Sory Cissé dira : «C’est la seule commune où on reçoit les fournitures scolaires au mois de décembre ou janvier. Ce n’est pas normal.» Avant d’embrayer qu’il y a «pis». Malgré la faiblesse des fonds de dotation de la commune pour la santé, estimés à 1 million 500 mille francs Cfa, «le maire se permet de partager cet argent avec les postes de Thiabédji 500 mille francs Cfa et celui de Dindéfélo pour 200 mille francs Cfa», a vigoureusement déploré le sieur Cissé. Il soutient que l’urgence du maire devrait être de s’occuper du «bien-être de ses populations et relever le plateau technique de son poste de santé» avant de s’occuper de la santé des populations d’autres communes.
En outre, les plaignants ont demandé au maire de faire la lumière sur les contrats des amodiataires qui viennent exploiter la forêt au détriment des populations, la rétrocession de la gestion du bus au comité de santé, à défaut de prouver qu’il est devenu sa propriété.

Des «accusations fallacieuses d’un adversaire politique en perte de vitesse»
Joint par téléphone, le maire de la commune, Dondo Keïta, n’a pas mis de gants pour démonter les «accusations fallacieuses d’un adversaire politique en perte de vitesse». A en croire M. Keïta, «ce sont des agitations d’un adversaire politique en perte de vitesse qui verse dans le dénigrement». Pour lui, la marche est un «épiphénomène» qui ne l’ébranle pas parce que «Sory Cissé est un conseiller municipal absentéiste, qui ne sait même pas ce qui se passe au sein du Conseil municipal». «Cela fait plus d’un an qu’il n’a pas assisté à une seule session», a-t-il révélé.
Revenant sur les «accusations» des marcheurs, il lance : «Si le Conseil municipal est fermé et ne marche pas, il faut demander au sieur Cissé et à sa bande comment on a fait pour transcrire plus de 20 registres d’état civil.»
Par rapport à l’autobus de l’hôpital, le maire de Ninéfécha in­dique : «On avait adressé une correspondance au ministre de la Santé d’alors, Eva Marie Coll Seck, pour la rétrocession du bus au comité de santé.» Ensuite, poursuit notre interlocuteur, «on a commencé à utiliser le bus pour faciliter le déplacement des populations. C’est seulement quelques jours qu’on a roulé avant que le gouverneur ne mette la main dessus. Il est resté immobilisé pendant 6 mois». A l’en croire, il a fallu des discussions poussées avec le gouverneur pour qu’il accepte sa mise en circulation. Ce, non sans réclamer une demande d’exploitations adressée au ministre de la Santé pour reprendre les démarches de rétrocession. Toujours de l’avis de M. Keïta, c’est à la suite d’une discussion avec un responsable du ministère de la Santé qu’ils ont été autorisés à utiliser le bus pour faciliter la mobilité des populations, en attendant le document de rétrocession.
A propos des fournitures scolaires, il est catégorique : «C’est faux ce qu’il dit. Les fournitures arrivent à Ninéfécha en septembre.» Et le maire de préciser : «C’est souvent les enseignants qui ne viennent pas tôt. Ce qui retarde le dispatching. Sinon, j’ai même des lettres de félicitation de directeurs d’école de la commune.»
Au sujet des contrats de ses agents, il lance : «Je n’ai pas de contrat à mettre sur la place publique pour divulguer des salaires d’autrui.» Et pour la subvention des jeunes de la commune pour les activités sportives, il informe : «La commune donne chaque année une subvention de 500 mille francs Cfa à travers le président de la Commission de la jeunesse pour les activités sportives.» Pour finir, le maire ironise : «La commune fait au total 24 villages. Cette marche est ridicule. Elle n’a même pas mobilisé de personnes», conclut-il.
msdiallo@lequotidien.sn

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