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Pour lutter contre la radicalisation violente des jeunes au Sénégal et au Mali, le Centre de recherche pour le développement international (Crdi) va financer le Timbuktu Institute.

Pour réduire à leur plus simple expression, les risques de voir les jeunes s’engager dans la radicalisation violente, un accord de subvention a été conclu  entre le Crdi canadien et l’Ugb de Saint-Louis. Cet accord va  permettre à Timbuktu institute-African center for peace studies, de mettre en œuvre  le projet, en collaboration avec le West Africa network for peacebulding (Wanep) du Mali, pour arriver à une démarche qui permette d’atteindre l’objectif.  Un atelier d’harmonisation méthodologique, étalé sur trois jours, a démarré hier à Dakar, pour lancer officiellement ce projet et valider différents documents techniques servant de support de travail pendant la durée d’exécution du projet. «Cette recherche s’adresse aux zones frontalières du Mali et du Sénégal. Deux pays qui ont leur spécificité. L’un des pays, le Mali, connait le phénomène terroriste de manière très avancée et l’autre est dans une stratégie de prévention. Nous, Timbuktu Institute, le Wanep et l’Ugb, avec l’appui du Crdi, ferons ce projet de recherche-action pour produire des connaissances. Mais  aussi pour nous situer dans l’action de prévention, qui est beaucoup plus efficace que l’intervention», a déclaré hier Dr Bakary Samb, directeur de  Tim­buktu institute, et par ailleurs coordonnateur du projet.
Avançant les raisons qui ont fait cibler les jeunes par le projet, Dr Samb a souligné que c’est «qu’ils sont vulnérables et économiquement marginalisés» et sont les plus «exposés au phénomène» du fait «qu’ils se sentent inutiles et marginalisés. On a vu que dans les groupes armées, il y a plus de jeunes qui sont embarqués». Constituant une cible choix pour les groupes Jihadistes, notamment dans la phase de recrutement, il n’y a meilleur cible que les   jeu­nes  pour définir des solutions au phénomène, ajoutera Dr Samb.
Une étude parue en 2016 avait révélé que 45% des 300 jeunes interrogés pointent du doigt la pauvreté et le chômage comme des facteurs justifiant l’engagement des jeunes aux côtés des Jihadistes qui, en plus «de leur technique d’endoctrinement, leur proposent un modèle de groupement dont les piliers seraient les notions d’utilité et de valorisation».
Le choix des zones frontalières n’est pas anodin pour les partenaires à ce projet, «au regard du caractère stratégique qu’elles représentent pour les candidats aux attaques terroristes». Notant que l’attaque de Grand Bassam et celle de Ouagadougou ont été perpétrées par les jihadistes en passant par  les frontières du Mali, les organisateurs de l’atelier trouvent une pertinence à se pencher sur la question. «La porosité des frontières et caractère transnational de la menace gangrènent la situation sécuritaire au point que les acteurs nationaux, régionaux, voire ceux au niveau international en font une préoccupation de premier rang pour comprendre les origines, les conséquences et chercher les solutions qu’il y a lieu d’y apporter», déclare la note conceptuelle du projet.
Soutenant que «la crise du Nord du Mali est devenue une préoccupation pour tout pays ayant des frontières communes avec ce pays, les maîtres d’œuvre de l’atelier attirent l’attention «que le Sénégal, qui jouit, jusque-là, d’une certaine stabilité aux yeux de la Communauté internationale, ne doit pas se targuer d’une telle réputation car le fléau de l’extrémisme violent n’épargne plus aucun pays». Promettant d’apporter leur appui à la réussite du projet, Mame Cheikh Mbacké, président de  Ais, une association islamique, souligne que la radicalisation va être combattue en se fondant sur  les enseignements coraniques pour faire comprendre à tous que l’Islam est une religion de paix.
ambodji@lequotidien.sn

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