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La législation sénégalaise contre le tabac est très proche de celle de la France. Or les données existant pour ce pays, démontrent qu’une forte coercition n’a pas empêché l’augmentation croissante du nombre de fumeurs. A contrario, certains pays parmi les plus développés, se sont montrés plus ouverts à des produits alternatifs à la cigarette électronique, et ont vu le nombre de leurs fumeurs diminuer, et la facture des dépenses liées à la santé suivre la même courbe.

Il y a quelques jours, des organisations qui luttent contre le tabac ont appelé le gouvernement du Sénégal à mettre en œuvre la loi contre le tabac dont, disent-ils, plusieurs points ne sont toujours pas en application. Ce qui est notable, c’est que si ces activistes veulent empêcher les Sénégalais de fumer, ils ne songent pas encore au moyen le plus efficace pour faire décrocher ceux qui fument déjà. Cette situation se rapproche de manière assez drôle de ce qu’une personne a appelé le paradoxe français.
Au début du mois de février, au cours d’une conférence internationale sur l’atténuation de la douleur, à Paris, il a été relevé, parlant du tabagisme, que la France comptait en 2018, 11,5 millions d’adultes qui fument. Dans le même temps, les lois contre le tabac sont les plus contraignantes en France. On peut ainsi noter, entre autres, que les paquets de cigarettes sont uniformisés et ne comportent plus de marques, que la publicité sur le tabac est interdite, et que seuls les vendeurs de bar-tabac ont le droit de parler de tabac. Néanmoins, tout cela n’empêche que la France soit le second pays d’Europe en termes de nombre de fumeurs. Quand on sait que la cigarette est l’une des principales causes de cancer, on peut s’inquiéter de ce qu’à côté des mesures contraignantes, les Etats comme la France et le Sénégal n’aient jamais songé à encourager la recherche des solutions alternatives au tabac. Or, on l’a vu au cours de la conférence indiquée ci-haut, ces solutions existent et sont déjà mises en œuvre dans certains pays.
Ces mesures sont importantes, dans la mesure où il a été démontré que la stigmatisation et la culpabilisation n’empêchent pas les gens de fumer. Dr Peter Harper, oncologiste, ancien directeur du Service d’oncologie de l’hôpital Kings and Saint Thomas de Londres, a indiqué qu’à l’état actuel des choses, d’ici 2025, on comptera encore plus d’un milliard de personnes qui vont continuer à fumer de par le monde, malgré des mesures restrictives.
Et le fait que des gouvernements continuent de traiter des produits alternatifs comme la cigarette électronique, au même rang que du tabac, n’encourage pas les consommateurs à se tourner vers ces produits. Pourtant, dans les pays comme les pays scandinaves, le Japon ou la Grande Bretagne, ou des produits qui permettent d’inhaler la nicotine sans l’accompagner de tous les produits toxiques associés à la cigarette, comme le goudron et autres cancérigènes, il a été noté une nette diminution de la consommation de la cigarette. Mais la France et le Sénégal continuent d’associer tous ces produits à la cigarette et de les frapper des mêmes mesures de bannissement. Ce qui n’encourage pas les fabricants à les introduire dans ces zones. Et donc, prive les consommateurs de produits alternatifs. Pire, la facture de santé liée à l’usage du tabac ne diminue pas, malgré les mesures coercitives préconisées par tous les organismes anti-tabac.

 

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