PARTAGER

A Richard Toll, les populations et les travailleurs de Compagnie sucrière sénégalaise (Css) ont décidé d’organiser une marche pour protester contre l’autorisation d’importation de 30 000 tonnes de sucre accordée aux commerçants.

La décision du gouvernement de Macky Sall d’autoriser aux commerçants sénégalais l’importation de 30 000 tonnes de sucre n’a pas fait que des heureux. Très remontés contre cette décision qui risque de mettre en péril leur entreprise, travailleurs, syndicalistes de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) et populations de Richard Toll veulent organiser une marche de protestation samedi prochain à Richard Toll.
Les retraités de la boîte, les chefs de village, transporteurs, mouvements de jeunesse, éleveurs, syndicalistes, travailleurs en activité, entre autres, fortement mobilisés, brassards rouges attachés autour de la tête ou au bras, ont participé à cette conférence de presse organisée sous la forme d’une grande Assemblée générale. Pocker Samb, responsable syndical et porte- parole du jour qui campe le débat au nom de l’assemblée, fait savoir que c’est dans un contexte de grande inquiétude qu’ils ont décidé de convoquer cette réu­nion. L’objet, sou­li­gne-t-il, «c’est la décision du ministre du Commerce d’autoriser l’importation de 30 à 70 mille tonnes de sucre aux commerçants». Il souligne que le collectif des délégués du personnel, les femmes, et toutes les associations de la boîte ont décidé de s’associer aux chefs de village, mouvements de jeunesse et même aux partis politiques pour défendre la société qui risque de connaître de grandes difficultés du fait de cette décision. Ce regroupement, selon M. Samb, a pour but «d’appeler tout ce beau monde à une grande marche le 1er décembre prochain pour demander à l’Etat de mettre fin à cette mesure d’autorisation d’importation du sucre et montrer au même gouvernement que les travailleurs ne sont pas contents et sont inquiets de leur avenir, car l’entreprise qui fait vivre toute la zone, soit plusieurs milliers de personnes, est en train de péricliter». Selon Pocker Samb, 10 organisations syndicales se sont mobilisées aux côtés de ces acteurs pour mettre fin à cette mesure qui n’est pas la première de ce genre prise par le ministre du Commerce et qui, si elle est confirmée, risque de provoquer toutes sortes de problèmes à la Css d’ici sept mois.
Cette rencontre, soutient le syndicaliste, qui a interpellé le Président Macky Sall, est juste un avertissement lancé aux autorités. «Nous lançons un appel au président de la République, nous ne faisons pas de la politique, nous ne sommes pas concernés par les intérêts politiques, mais nous nous opposeront à n’importe qui pour défendre nos intérêts», fait-il remarquer.
Cette marche du samedi 1er décembre ne sera que le premier acte, prévient Pocker Samb, car si après cela rien n’est fait, il ne sera pas exclu que le mouvement soit déplacé à Dakar, pour provoquer une journée ville morte. Il précise d’ailleurs, que si après ce deuxième acte rien n’est fait, le mouvement pourrait se transformer en mouvement politique pour poursuivre le combat qui est un combat de survie pour les travailleurs, pour leurs familles et pour tous les acteurs concernés par la Css.

Lamotte, membre du Ca :«Tout peut arriver»
Dans la même lancée, Louis Lamotte, membre du Conseil d’administration, rappelle que l’année dernière la même situation s’était produite et avait créé toutes sortes de problèmes à la Css, qui était restée sept mois sans vendre son sucre, ce qui avait poussé les responsables de la boîte à recourir aux banques pour s’endetter et au Pdg, Jean Claude Mimran, pour payer les salaires. Il ajoute qu’avant même que la Css ne termine de payer ses dettes, cette nouvelle mesure vient encore s’y greffer et pourrait avoir de fâcheuses conséquences, car la boîte peut même fermer. «Tout peut arriver», annonce M. Lamotte, qui fait savoir que «la mesure d’importation ne concerne que quatre personnes qui ne sont d’ailleurs pas tous des commerçants et qui risquent de mettre en péril les intérêts et la vie de plusieurs milliers de personnes».  Il appelle ainsi tous ceux qui sont concernés à se mobiliser fortement pour défendre la boîte lors de cette marche prévue le 1er décembre prochain.
Les cadres de la boîte ont aussi élevé la voix. Assou Gnabaly, président de l’amicale, estime que les prestataires, la responsabilité sociétale entre autres, risquent de subir les contrecoups de cette mesure gouvernementale. «Rien ne justifie l’autorisation d’importation», fait-il re­mar­quer, avant d’inviter le président de la République à y mettre fin pendant qu’il est temps.
Dimanche dernier déjà, en marge d’une randonnée pédestre organisée dans le cadre du lancement de la campagne 2018/2019 de production du sucre, les cadres de la boîte avaient invité l’Etat à reconsidérer sa décision. Ces derniers avaient déclaré qu’il y a suffisamment de sucre dans les hangars de la Css et que ce stock pouvait assurer les besoins de consommation du pays. Ils avaient ajouté que la mesure du ministre du Commerce est mal venue car intervenant à un moment où la Css est en train de dérouler son programme KT200 qui devra permettre au Sénégal d’assurer son autosuffisance en sucre.
cndiongue@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here