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Le sculpteur Balla Niang est la voix de l’ébène. Les pièces présentées au vernissage de son exposition dimanche témoignent de l’engagement de l’artiste rufisquois au service de ce bois. «Rien que pour atteindre un diamètre moyen, l’arbre d’ébène doit vivre 100 ans. Ça me fait ainsi mal de voir l’ébène massacré et utilisé principalement comme bois de chauffe. A l’occasion des cérémonies religieuses telles que le Magal ou le Gamou, des quantités importantes sont mises en feu», a regretté l’artiste, affirmant qu’il travaille à «rendre leurs âmes» à ces arbres qui ont droit de vie. Du sens de son exposition, il dira : «C’est la revalorisation des matières locales.» Tables, chaises et autres sculptures à partir de l’ébène, du bois de vène et du fer forgé occupent principalement son exposition qui se tient au centre culturel Maurice Guèye dans le cadre de la 7ème édition du Parcours du 3 au 15 décembre. «Balla Niang nous fait découvrir la nouvelle collection du label Nulangee design composée d’œuvres inédites ou pas encore exposées au Sénégal qui mettent en valeur les matériaux locaux et le savoir-faire traditionnel», note à ce propos le document remis par les organisateurs. «L’origi­nalité du matériel utilisé, la qualité stylisée des meubles présentés et l’originalité dans la conception vont dans le sens de la promotion de l’artisanat local», a commenté, après la présentation des œuvres, Meïssa Ndiaye Bèye, chargé des questions culturelles à la mairie de Rufisque. Enchanté par le travail du sculpteur, M. Bèye a illico invité Balla Niang, «méconnu dans sa ville et connu ailleurs», pour la grande exposition d’artisanat d’art que la mairie ville va organiser en avril 2019, ceci pour le faire davantage connaître au public rufisquois. Du côté de la fondation Sococim l’on s’est réjoui, comme l’a souligné Amady Barro Diouf, d’avoir organisé «la première exposition individuelle de Balla Niang». «Cette exposition va permettre à Rufisque de connaître Balla. C’est un sculpteur talentueux qui a déjà exposé au Grand Palais à Paris, à la Biennale intérieure de Coursai en Belgique et à Accra au Ghana mais n’avait jamais encore exposé dans sa ville», a expliqué M. Diouf. L’initiateur du Parcours Mauro Petroni s’est félicité de la présence active de Rufisque qui en est «à sa 3ème année consécutive de participation» au Parcours, tout en saluant le travail du sculpteur auteur d’une «récupération ingénieuse de matières prédestinées à d’autres fins».
abndiaye@lequotidien.sn

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