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Des opérateurs économiques véreux ont fait passer le profit avant la santé de leurs compatriotes. Il a fallu la vigilance des services sanitaires du Kenya pour retirer du circuit une bonne quantité de ces produits entrés illégalement au pays. La même mésaventure pourrait se passer au Sénégal, si l’on n’y prend garde.

La radio française Rfi a informé la semaine dernière que le Kenya vient de faire échec à une forte contrebande de sucre sur son territoire en saisissant des milliers de tonnes de sucre entrées illégalement dans le pays. Le pire, précise la radio, est que 60% des marchandises saisies étaient totalement impropres à la consommation parce que contenant des taux élevés de métaux lourds, et pour certains autres sacs, ayant un taux d’humidité anormalement élevé.
L’inquiétude des autorités et de la population kenyanes est à son comble, parce que cette marchandise de mauvaise qualité aurait pénétré tous les coins du pays. Plus de 72 personnes ont été même arrêtées dans le cadre de l’enquête ouverte pour mettre fin à ce trafic. Le Kenya est pourtant un grand producteur de sucre dans la région de l’Afrique de l’Est, mais les importations frauduleuses continuent de fragiliser son économie, et comme on le voit dans le cas d’espèce, la santé des populations.
Les informations recueillies au cours de l’enquête ouverte par les autorités kenyanes ont démontré que plusieurs entreprises non agréées continuent d’importer du sucre de manière frauduleuse, et souvent de qualité inférieure, sans doute dans l’intention de le brader et de fragiliser la production locale.
Cette affaire est pour les Sénégalais une belle alerte à ne pas négliger. L’affaire présente en effet beaucoup de similarités avec ce qui se passe dans ce pays. On sait en effet que la Compagnie sucrière sénégalaise a quasiment atteint l’autosuffisance et est en mesure de fournir toute la consommation du pays sans rupture de stock. La compagnie de Jean-Claude Mimran est en train de faire des investissements dans le cadre de son programme Kt 200, qui vise à atteindre les 200 mille tonnes de sucre, en anticipant les besoins du pays dans les années à venir.
Ce programme mené en pleine connaissance des autorités, malgré de nombreuses embûches dues notamment au manque de disponibilité des terres, est menacé par la contrebande. Plusieurs fois, les employés de la Css ont attiré l’attention des autorités et de l’opinion sur les risques que faisaient courir à leur compagnie les importations massives de sucre malgré l’interdiction formelle au plus haut niveau de l’Etat de la délivrance des Dipa. Il y a eu notamment le cas de deux bateaux transportant chacun des cargaisons, respectivement de 12 mille tonnes, et commandées par un industriel dont les besoins pour son usine ne dépassent pas 1 500 tonnes par an.
C’est dire que le Sénégal n’est pas à l’abri du genre de scandale sanitaire qui affecte le Kenya, un pays dont l’économie présente beaucoup de similarités à la nôtre. La vigilance de la population doit être de mise, et surtout beaucoup de patriotisme de la part de ceux qui doivent veiller à la sécurité sanitaire des aliments que consomment les Sénégalais. Au-delà du besoin de protéger un fleuron de l’économie nationale.
mgueye@lequotidien.sn

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