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Le Pr Hamady Bocoum  appelle les acteurs culturels et les politiques, à développer les actions culturelles à partir de la base afin d’avoir plus de chance de les réussir et pour mieux contribuer au développement des collectivités territoriales.

«La culture n’est pas suffisamment prise en charge dans les collectivités locales et c’est ce qui l’empêche de jouer pleinement son rôle de catalyseur de l’économie locale.» C’est la conviction du Pr Hamady Bocoum, Directeur général du Musée des Civilisations noires.  Afin que la culture joue son rôle de facteur de développement de l’économie locale,  l’universitaire pense qu’il y a d’abord un effort didactique à faire au niveau des collectivités locales et auprès des populations. Pour lui, la territorialisation est une opportunité pour les collectivités afin qu’elles développent des actions culturelles et  les fassent remonter au sommet.
«On a comme ça plus de chance de faire des produits fidèles parce qu’élaborés à partir de la base. Si on parvenait vraiment à le réussir, si on réussit  aussi à préserver nos patrimoines culturels dans tous les sens du terme pour faire des inventaires, on peut créer des musées locaux, des écomusées et pleines de choses à partir de là», a expliqué hier le Pr Bocoum. Il s’exprimait au cours d’un atelier organisé au Musée Théodore Monod et qui a pour thème : «Le rôle des industries culturelles et des entreprises créatives dans le développement des collectivités et des territoires : la culture comme facteur de développement de l’économie locale.» La rencontre a surtout été une occasion pour les acteurs culturels, de diagnostiquer le rôle et les caractéristiques des industries culturelles et entreprises créatives dans le développement des collectivités territoriales.
Et, pour booster le développement territorial à partir de la culture, Hamady Bocoum suggère d’aider les collectivités territoriales à avoir les instruments qu’il faut, à former leurs agents à faire de l’inventaire, à avoir des instruments de reconnaissance, de sauvegarde et de mise en valeur de leur patrimoine. «La culture est l’un des grands secteurs de l’avenir car tout commence par elle et on se rend compte que sans elle on a rien», a mentionné le Dg du Musée des civilisations noires. Babacar Ndiaye, conseiller aux affaires et consultant en gestion  des projets, a lui, indiqué que la mise en place d’un dispositif de formation en gestion et accès aux crédits impacterait l’économie locale. Car dit-il, ¾  des emplois dans nos quartiers sont culturels alors qu’il n’existe aucun dispositif pour les accompagner et leur permettre de progresser et de s’épanouir. S’y ajoute le problème de la formation.
«Il n’y a pas suffisamment de compétences pour prendre  en charge le processus à toutes les étapes», a par ailleurs déploré M. Ndiaye. L’industrie culturelle constitue pour lui comme pour Hamady Bocoum, «un gisement important d’emplois et peut créer une valeur ajoutée importante au niveau des collectivités locales».
ksonko@lequotidien.sn

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