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La contribution des entreprises évoluant dans le secteur extractif de la région de Thiès à l’économie nationale en 2015 s’élève à 29 milliards de francs Cfa  et 40 milliards en 2017. Un progrès significatif, selon Mankeur Ndiaye, président du Comité national Itie, qui justifie «le choix de Thiès pour débuter la dissémination régionale des rapports Itie». Car dit-il, «Thiès reste la première région minière du Sénégal en termes de contribution». Une tendance haussière de la contribution de la région, qui s’explique, selon M.Ndiaye, par «la relance des Industries chimiques du Sénégal (Ics) et par l’augmentation des productions de Dangote et de Grande Côte opérations (Gco)». Pour lui, «les impacts de l’exploitation des ressources pétrolières, gazières et minières dans les collectivités territoriales sont très attendus». En ce sens, poursuit Mankeur Ndiaye, «le président de la République Macky Sall, dans la préface du rapport Itie 2014, a demandé la mise en application de la réglementation sur la péréquation qui constitue un fondement de l’équité économique, sociale et territoriale». Dans ce cadre, le président du Comité national Itie de préciser, «qu’un comité interministériel a été mis en place pour travailler sur les arrêtés répartition de la dotation d’appui du Fonds de péréquation et d’appui aux collectivités territoriales tirés à partir des ressources annuelles provenant des opérations minières de 2010 à 2015. Ainsi le mécanisme de la péréquation affecte 20% des revenus miniers». Il s’y ajoute, que «le nouveau Code minier du 8 novembre 2016 en son article 115 prévoit un Fonds d’appui au développement locale», dit Mankeur Ndiaye. Un Fonds qui, selon lui, a pour mission «de financer le plan de développement des communes abritant les opérations minières pour contribuer à leur développement économique et social. Il sera alimenté par 0,5% du chiffre d’affaires hors taxe annuel des entreprises en exploitation et sur la base des engagements financiers négociés pour les entreprises en phase de rechercher et en phase de développement. La mise en place effective du Fonds d’appui de la péréquation va contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations à travers des activités génératrices de revenus favorisant le développement durable».

Aucune collectivité ne bénéficie du Fonds de péréquation
Pour sa part, le coordonnateur de l’antenne régionale de la Coalition publiez ce que vous payez, Abdou Aziz Diop, est revenu sur le Fonds de péréquation pour dénoncer : «A ce jour, aucune collectivité locale n’a reçu sa part de ce fonds. Les calculs sont en train d’être faits.» Il explique qu’avec l’Acte 3 de la décentralisation, «nous nous retrouvons aujourd’hui avec 599 collectivités locales dont 557 communes et 42 départements. Ce qui fait que la péréquation sera encore beaucoup plus faible dans la mesure où, il faut répartir 20% de redevance à 599 collectivités locales». Pour dire, selon lui, «ce ne sont pas des sommes qui vont booster le développement local». S’agis­sant du Fonds d’appui au développement local, ce membre du Comité national Itie Sénégal, explique qu’une «entreprise, qui fait par exemple, 200 milliards de francs Cfa de chiffre d’affaires, verse un milliard directement à la collectivité locale impactée, alors que les collectivités locales tournent avec des budgets de 300 millions au moins. Ce qui fait qu’aujourd’hui, avec ce nouveau fonds, il faudrait aller dans le sens des modes opératoires pour que ce qui s’est passé avec le Fonds de péréquation ne se reproduise plus». Abdou Aziz Diop salue, toutefois, «les avancées significatives du Sénégal». Car estime-t-il, «la quasi-totalité des contrats ont été publiés». En revanche, poursuit-il, «les Séné­galais ne se l’approprient pas, parce qu’ils ne parviennent pas à les décrypter ou comprendre les enjeux». Mais fera-t-il noter, «dans le cadre de la norme sur laquelle nous travaillons, la publication des contrats est encouragée. Elle n’est pas obligatoire. Nous avons travaillé de manière à la rendre obligatoire. Le Sénégal est encore un pays minier. Et à partir de 2021-2022, le secteur gazier et pétrolier sera un secteur qui va booster la croissance et le développement durable». Dans ce cadre, M. Diop de préconiser un dialogue national sur l’exploitation des ressources minérales. Il argumente : «On parle aujourd’hui, de dialogue mais nous pensons que la seule question qui vaille un consensus national fort, c’est l’exploitation de nos ressources minérales qui appartiennent au Peuple sénégalais. Il y a des enjeux géostratégiques et géopolitiques entre le Sénégal et la Mauritanie, mais aussi entre le Sénégal et la Guinée-Bissau. Les politiques ne doivent pas faire de ce dialogue une rente politique. Il existe encore un impact très faible au niveau des communautés. Donc, il faut faire en sorte que la transparence et la répartition de ces ressources soient une réalité au-delà des rapports. Ces ressources devraient être des leviers de croissance pour le développement durable.»
nfniang@lequotidien.sn

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