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Les populations de Yène Tood soupçonnent une main invisible qui veut les ravir de 150 hectares de leurs terres. Une centrale à charbon en gestation ou un projet immobilier ? Dans l’un ou l’autre cas, ces populations regroupées au sein d’un collectif naissant ont d’ores et déjà apposé leur véto. «Les gardiens de nos champs ont interpellé des géomètres en train de mesurer les terres et ils nous ont avisés. Quand nous sommes arrivés, ces étrangers ont pris la fuite laissant sur place leurs appareils», a fait savoir lundi Adama Ndiaye parlant des prémices d’une expropriation à laquelle ils vont s’opposer «de manière farouche». «Ces terres nous ont été léguées par nos ancêtres et elles constituent notre source de subsistance, grâce à l’agriculture. Que ce soit pour une centrale à charbon ou un projet immobilier, nous ne sommes pas partants pour les céder», a-t-il précisé. Bien que n’ayant reçu aucune notification en ce sens, ces derniers ont émis leur grande surprise de voir les géomètres revenir après leur première incursion. «Ils sont revenus pour compter les pieds d’arbre et autres dans nos champs. Ce qui veut dire qu’ils n’en n’ont pas fini», a fait savoir Matar Guèye, précisant que «le collectif les attend de pied ferme la prochaine fois qu’ils vont revenir». «Ils sauront réellement, de quelque bois on sait se chauffer», a proféré sur ce registre Adama Ndiaye. Daouda Djigal ne demande pour sa part que des éclaircissements de la mairie. «C’est nous qui les avons élus et par conséquent, nous leur exigeons des explications sur cette situation qui n’inspire pas confiance», a-t-il soutenu. «La commission domaniale nous a juste fait savoir que c’est pour les besoins d’une centrale à charbon et que la mairie n’était pas d’accord», a assuré M. Guèye évoquant une rencontre avec la dite commission. «Je doute que ce soit l’Etat, comme ils tentent de le faire savoir, qui est derrière ça. Je pense que ces gens ont un projet immobilier qu’ils veulent implanter sur nos terres», s’est convaincu M. Ndiaye. «Ils ont essayé à Kayaar et à Ndayane où ils ont été chassés et maintenant, ils lorgnent nos terres», a-t-il poursuivi, assurant avec force, que c’est «un combat perdu d’avance» pour ces gens qui lorgnent leur patrimoine.

bndiaye@lequotidien.sn