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Pour la 4ème édition de la réunion de la Commission mixte qui unit les gouvernements du Sénégal et de la Turquie, les ministres de l’Intérieur de ces deux pays ont insisté sur la coopération sécuritaire, sanitaire et aussi économique.

Les deux hommes semblent s’entendre au moins sur l’essentiel. Abdoulaye Daouda Diallo, ministre de l’Intérieur du gouvernement démissionnaire du Sénégal et son homologue turc, Süleyman Soylu, ont signé hier un protocole d’accord dans le cadre de la 4ème édition de la réunion de la Commission mixte sénégalo-turque. Outre le volet économique, le dossier sécuritaire, celui du terrorisme en particulier, a suscité l’attention des deux représentants gouvernementaux, avec comme toile de fond la question de l’enseignement turc au Sénégal. Pour Süleyman Soylu, il n’y a pas de doute, l’organisation güléniste, qui assurait la gestion du groupe Yavuz Selim, est une «organisation terroriste», qui n’aurait pas grand-chose à «envier au Parti des travailleurs du Kurdistan» (Pkk).
Bref, le ministre turc rappelle que son pays a «apprécié de pouvoir compter sur la présence de nos amis» au lendemain du 15 juillet 2015 tandis que son homologue sénégalais se félicite de la première rentrée prévue le 9 octobre pour les établissements «reconnus d’utilité publique» désormais sous l’égide de Maarif. Quitte à faire des contorsions avec l’histoire, il affirme que les relations entre les deux peuples remontent à la bataille des Dardanelles lorsque Sénégalais et Turcs combattaient «ensemble». Se tournant vers le futur, cette réunion doit permettre de doper un peu plus les échanges commerciaux bilatéraux. De 160 millions de dollars Us en 2016, les deux gouvernements espèrent porter ce volume à 200 millions à la fin de cette année pour se rapprocher des 250 millions souhaités par le Premier ministre turc d’alors lors de sa visite au Sénégal en 2013. Il est donc prévu de renforcer la coopération dans les domaines de la technologie, de la santé, de la culture (avec l’ouverture prochaine d’un centre Yunus Emre à Dakar), mais aussi dans l’industrie de l’armement. Sur le plan des modalités, la suppression de la double imposition est à prolonger au niveau sous-régional par «un soutien de l’Etat du Sénégal dans la signature d’un accord liant la Turquie et la Cedeao». Selon lui, l’approfondissement du système de commerce préférentiel, de la normalisation, de la finance islamique et la réforme du Smig au sein de l’Oci  requièrent également les faveurs des Turcs. Enfin, cette visite s’est prolongée au pas de charge sur le chantier l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) au sortir de laquelle les deux ministres ont évité soigneusement tout échange avec la presse.
bdavid@lequotidien.sn

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