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Trente ans après, la 4e session de la Commis­sion mixte entre le Sénégal et la République du Congo s’est tenue jeudi à Dakar. Il s’agit pour les deux pays de donner une profondeur nouvelle à leur coopération par le biais d’échanges commerciaux plus importants, notamment.

Après trente années, l’axe diplomatique Dakar-Brazzaville se remet à fonctionner. Ainsi, la 4e session de la grande Commission mixte entre les deux pays s’est ouverte avant-hier à Dakar. Selon les ministres des Affaires étrangères des deux pays, c’est là l’occasion de renforcer les relations entre le Congo et le Sénégal. «Ces assises témoignent d’une volonté commune de donner une profondeur nouvelle à la coopération entre les Etats sous le signe de la confiance et de la fraternité», a souligné le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Me Sidiki Kaba. Selon Me Kaba, ce renforcement des relations entre le Sénégal et la République du Congo passe par le secteur privé. «Il y a des relations institutionnelles entre les deux pays. C’est satisfaisant, mais les relations économiques sont davantage celles qui doivent être des investissements. Ce sont des privés congolais et sénégalais qui doivent trouver des opportunités d’affaires entre les deux pays pour développer des échanges commerciaux. Et les domaines sont divers», insiste Me Kaba. Le ministre sénégalais exhorte ainsi les chambres consulaires et les organisations patronales des deux pays à développer des relations de travail. Il en appelle ainsi à la conclusion de mémorandums entre l’Agence des investissements du Sénégal (Apix) et l’Agence congolaise de promotion des investissements (ApiCongo).
Pour son homologue congolais également, son pays peut apporter une certaine expertise au Sénégal dans la mesure où il vient d’adhérer à l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), indique M. Jean Claude Gakosso, ministre congolais des Affaires étrangères et des Congolais de l’extérieur. «Mais au-delà du secteur pétrolier, il y a le tourisme, l’artisanat et l’industrie où le Sénégal a quand même une longueur d’avance dans ce domaine», poursuit-il.
«L’examen de la coopération entre les deux pays révèle des acquis significatifs», constate Me Kaba. Il en est ainsi, dit-il, des 60 magistrats congolais formés au sein du Centre de formation judiciaire (Cfj) ainsi que du perfectionnement des personnels.
Au cours de cette session, différents accords bilatéraux seront examinés et adoptés par les deux parties. Mais, souligne M. Gakosso, le Congo possède de réels atouts en matière de tourisme avec ses forêts équatoriales qui servent de refuges aux grands chimpanzés et aux gorilles. «En termes de tourisme, c’est un tourisme protégé, parce que le bassin du Congo participe à la protection de l’environnement. C’est un cadre de coopération important entre nos deux pays parce que la pollution et le réchauffement climatique dont nous parlons ne sont pas le fait de l’Afrique, mais nous en subissons les conséquences», indique Me Kaba qui salue la tenue en mars dernier au Congo d’une rencontre sur le Fonds bleu, initiée par le Président Denis Sassou Nguesso.
C’est seulement trente années plus tard que se tient cette 4e session de la commission mixte entre les deux pays. Un long silence qui n’en est pas un, selon Me Kaba qui indique que «30 ans plus tard, rien n’a cessé, tout a continué». Il poursuit en précisant que les gouvernements n’ont cessé de se rencontrer. «Nous allons, au regard de nos développements économiques et sociaux respectifs, veiller à l’adapter aux réalités actuelles et nous veillerons à ce que les commissions se réunissent de façon plus régulière», conclut le ministre sénégalais.
mamewoury@lequotidien.sn

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