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Intensifier ses investissements en Afrique subsaharienne : c’est l’objectif que s’est fixé la Tunisie. C’est dans ce cadre qu’un forum auquel ont pris part des hommes d’affaires tunisiens s’est tenu à Dakar hier. Cette rencontre, qui s’est déroulée dans le cadre d’une mission de prospection organisée par Tunisia-Africa business council (Tabc), est une occasion de voir les opportunités d’investissements qu’offre le Sénégal.

Dans l’objectif de booster les relations commerciales et économiques entre le Sénégal et la Tunisie, l’organisation Tunisia-Africa business council (Tabc) a organisé une mission de prospection multisectorielle au Sénégal. C’est dans ce cadre qu’un forum pour l’investissement et le commerce a été tenu hier. Cette rencontre, qui a vu la participation de plus de 40 hommes d’affaires représentant des entreprises tunisiennes, était une occasion de montrer les opportunités d’investissement qu’offrent les deux pays. Lors de cette rencontre, il a été souligné la faiblesse des échanges commerciaux entre les deux pays. Selon le président du Tabc, Loukil Bassem Louki, «la Tunisie est le 51ème client du Sénégal, le Sénégal 27ème client de la Tunisie». Informant que ces 5 dernières années, les échanges commerciaux ont enregistré une augmentation annuelle d’environ 15%, il estime toutefois que c’est encore insuffisant.
Représentant le ministre de l’Industrie et de la Petite et moyenne industrie à cette rencontre, Adama Baye Racine Ndiaye confirme que «les exportations tunisiennes vers le Sénégal ont connu une croissance moyenne de 10% entre 2011 et 2016». S’agissant des importations en provenance du Sénégal vers la Tunisie, «elles ont affiché une forte hausse de 26% en moyenne annuelle». Constatant que la balance commerciale reste excédentaire en faveur de la Tunisie, M. Ndiaye a fait savoir que «beaucoup d’efforts restent à faire pour corriger ce déséquilibre et développer davantage nos relations commerciales». Parlant des avantages pour investir au Sénégal, M. Ndiaye soutient qu’il a été mis en place «des mesures incitatives aux plans légal, fiscal, douanier, foncier et bancaire pour créer un environnement attractif et propice à l’investissement direct étranger mais également à la compétitivité du secteur privé national».
Slim Feriani, ministre de l’Industrie et des Pme de la République tunisienne qui dirige cette délégation, a fait savoir pour sa part, que ce partenariat bilatéral ne peut être durable que s’il se passe dans les deux sens. Il a ainsi fait savoir qu’il y aura une réunion mixte des deux pays dans le deuxième semestre de cette année. Ce, dans le but d’assurer le suivi et la continuité des échanges. Parlant de la phase entamée par le Sénégal pour son développement, le ministre tunisien soutient que son pays veut être un partenaire dans cette démarche. «Nous sommes complémentaires en tant que économie et l’union fait la force. Nous avons beaucoup à offrir au continent africain», a-t-il dit. En outre, la Tunisie, qui veut être membre de la Cedeao, montre ainsi son intention de mettre les relations tuniso-sénégalaises au centre de sa stratégie pour intensifier ses échanges sur le continent.

Bientôt une ligne maritime Dakar-Sud Tunisie
La question des infrastructures indispensables dans le cadre des échanges entre les pays a été aussi abordée. Dans ce cadre, la Tunisie informe qu’elle «inaugurera une ligne maritime directe entre un port du Sud tunisien et celui de Dakar». Cette ligne maritime va aussi lier la Tunisie à la Côte d’Ivoire et au Ghana.
Se réjouissant de cette initiative, le président du Tabc estime qu’au-delà «d’identifier les secteurs porteurs pour une coopération gagnant-gagnant» en organisant des rencontres entre les opérateurs institutionnels et économiques sénégalais et tunisiens, des connexions doivent être aussi identifiées. D’après M. Louki, il faut «des moyens de transport réguliers et sûrs pour les hommes comme pour les marchandises». A l’en croire, ces moyens «sont indispensables à l’expansion et à la diversification de relations d’affaires viables». Il a ainsi appelé les acteurs et décideurs économiques à inspirer et à pousser leurs gouvernements «à mettre en place les outils et les infrastructures nécessaires à la croissance interafricaine».
dkane@lequotidien.sn

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