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Les opportunités qu’offre le Plan d’investissement extérieur de l’Union européenne pour l’Afrique ont été exposées hier aux institutions locales de financement. Il s’agit d’une enveloppe de 4,5 milliards d’euros, soit environ 2 947,5 milliards de francs Cfa mobilisés en vue de lever plus de 44 milliards d’euros, environ 28 mille 820 milliards de francs Cfa.

Le Plan d’investissement extérieur (Pie) de l’Union européenne (Ue) a été présenté hier à Dakar aux institutions locales de financement. Il s’agit d’un mécanisme «adapté», lancé en 2017 pour utiliser des fonds publics afin de mobiliser l’investissement privé, notamment en Afrique pour la période 2017-2020. Ainsi, 4,5 milliards d’euros, soit environ 2 947,5 mil­liards de francs Cfa, sont mobilisés en vue de lever plus de 44 milliards d’euros, environ 28 mille 820 milliards de francs Cfa. Il ne s’agit pas là de n’importe quel investissement. Le Pie vise les créneaux difficilement accessibles pour le secteur privé, mais primordiaux pour le développement durable, notamment la micro, petite et moyenne entreprise, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire et les infrastructures urbaines.
«Par la même occasion, nous accordons une priorité aux femmes et à la jeunesse», renseigne la cheffe de délégation de l’Ue au Sénégal. Irène Mingasson d’interpeller les institutions locales de financement : «Nous avons donc besoin de vous, d’un pacte de confiance avec vous comme il est envisagé par la nouvelle alliance Afrique-Europe pour les investissements et les emplois durables.»
Le premier objectif du Pie est d’accompagner les réformes nécessaires. Et pour ce, l’Ue est prête à peser de tout son poids. «En parallèle, nous revoyons la mouture de nos instruments de financement», indique Mme Mingasson. Le second objectif du Pie a trait à la réduction des risques pour les financements privés. A cet égard, quelque 150 millions d’euros sont actuellement affectés à des opérations de financement mixtes, prêts et dons pour assurer la réalisation de projets emblématiques.
L’élément nouveau du dispositif de financement est l’outil de garantie pour faciliter le crédit en Afrique. Niveau local, la nouveauté concerne la garantie européenne pour les énergies renouvelables qui sera gérée par l’Agence française de développement (Afd), en collaboration avec la Banque européenne d’investissement (Bei) et la Banque de développement allemande (Kfw). Cette garantie s’élève à 168,5 millions d’euros, soit près de 110 milliards 367 millions de francs Cfa, afin de mobiliser un investissement total de 3,4 milliards d’euros, environ 2 227 milliards de francs Cfa en Afrique subsaharienne, y compris le Sénégal.
«En effet, l’Ue intervient comme grossiste, les institutions financières internationales com­me demi-grossistes et les banques locales comme détail­lants de l’offre de financement», a expliqué la cheffe de délégation de l’Ue au Sénégal.
Le directeur général de la Banque agricole du Sénégal est surtout intéressé par l’outil de garantie. En tant que banquier, Malick Ndiaye veut pouvoir utiliser ce dispositif pour apporter du financement aux porteurs de projets. «Ce qui est important ici, c’est de faire en sorte qu’il y ait un effet de levier sur la base du financement obtenu de l’Ue ou du public, que nous puissions apporter des ressources complémentaires à deux ou trois fois de façon à atteindre les masses beaucoup plus importantes qu’on ne le fait de façon classique», a dit M. Ndiaye.
ksonko@lequotidien.sn

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