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La mairie de Séoul a trouvé une méthode originale pour lutter contre les offres illégales de prostitution en ligne qui prolifèrent hors de tout contrôle sur les réseaux : elle a mis sur pied des brigades de volontaires du net, chargés de signaler tout contenu licencieux. En Corée du Sud, des brigades du net sont constituées de citoyens ordinaires, femmes au foyer, étudiants ou employés de bureau, selon le site sud-coréen Korea­BizWire. Ces internautes bénévoles parcourent sites internet, forums, réseaux sociaux et applis de messagerie mobile pour traquer toute activité de prostitution. L’année dernière, leurs efforts ont permis de mettre hors ligne près de 50 mille publicités en ligne pour des «escorts» ou des salons de prostitution – une activité qui est illégale en Corée du Sud. Forte de ce succès, la mairie de Séoul recrute en ce moment même 1 000 nouveaux volontaires qui participeront à la huitième campagne de ce type.

Un prix décerné par le maire de Séoul
Pour y participer, il faut avoir au moins 18 ans, vivre, travailler ou étudier à Séoul, et suivre une formation de quelques heures offerte par la municipalité. La mairie demande à ces gardiens du net de signaler au moins six publicités licencieuses par mois. Les plus méritants recevront des chèques cadeaux pour des activités culturelles, voire des crédits académiques dans certaines universités. Le plus efficace recevra un prix de la main du maire en personne. Les habitants de la capitale sud-coréenne ont jusqu’au 13 février pour déposer leur candidature en ligne.

La prostitution, de la rue au web
En Corée du Sud, la prostitution est illégale, mais elle est endémique. Il y avait autrefois à Séoul des dizaines de quartiers rouges, souvent autour des gares. Ils ont quasiment tous disparu, sous la pression des promoteurs immobiliers et des autorités qui veulent «nettoyer» la ville à l’approche des Jeux olympiques d’hiver, mais la prostitution, elle, demeure. C’est désormais sur internet que la plupart du commerce sexuel se développe, notamment via les messageries pour smartphones et les réseaux sociaux. Un tiers des adolescents coréens accèderaient à ces sites illégaux via des supports mobiles. Le gouvernement est impuissant et manque de ressources : pour chaque site bloqué, des dizaines ouvrent. C’est pourquoi la mairie de Séoul a décidé de faire appel à la bonne volonté de ces cyber-brigades des mœurs.
Rfi

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