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La multiplication des cas communautaires risque de rendre vains tous les efforts menés depuis lors pour arrêter la propagation du coronavirus. En effet, les constats faits au niveau de la banlieue avec la progression des cas communautaires justifient amplement la prise de mesures drastiques si nous voulons gagner cette guerre contre le Covid-19. Un tour dans certains quartiers de Dakar, on est frappé de l’indifférence générale des populations qui continuent d’afficher des comportements pour le moins irresponsables malgré la grande sensibilisation des médias menée autour du Covid-19.
Les parents sont fortement interpellés. Nous devons proscrire toute forme de rassemblement dans les quartiers et devant les maisons. Le culte du «rester chez soi» doit être de rigueur. Ce n’est pas pour rien que les mosquées, les églises et les lieux de culte sont fermés. Les enfants et les adolescents doivent être davantage sensibilisés et retenus à la maison. Les marchés et les transports doivent être repensés et rigoureusement organisés. Le système de santé s’est révélé performant, l’Etat a pris de bonnes décisions, à la fois sur le plan sanitaire que social, pour atténuer l’impact de cette crise sur les populations.
Le Sénégal, grâce à Dieu, a les moyens d’endiguer la propagation de ce virus. Seulement, Il nous faut poursuivre la sensibilisation, et surtout, cultiver au plus haut point la discipline, dans le respect strict des recommandations (gestes barrières et mesures de distanciation sociale). Par ailleurs, nous devons tous nous tourner vers Dieu et implorer son pardon. On a comme l’impression que le coronavirus est une punition divine. L’humanité tout entière est interpellée. Nous devons repenser notre rapport à Dieu et à la Nature, nous devons inventer un autre sens à donner à la vie, à notre existence.
De nos jours, une analyse rationnelle ne suffit plus pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce virus plein de mystère, dans ses manifestations cliniques et dans sa propagation géographique. Nous devons abandonner nos comportements laxistes et cultiver un esprit de prévention et d’anticipation, dans un monde où il faut compter d’abord sur soi-même, la crise du coronavirus en est une illustration flagrante. L’Etat doit tirer toutes les leçons en ne ménageant aucun effort pour imposer à tout le monde «la discipline collective» que requiert cette période difficile. Certains pays, pour faire respecter les directives, n’ont pas lésiné sur les moyens (amendes, emprisonnements). Il y a des moments, dans la vie d’une Nation où l’Etat doit sanctionner, de façon implacable. En ces moments qui courent, nos gouvernants, au point d’imposer aux populations les comportements exigés, peuvent bel et bien taquiner la dictature en infligeant des sanctions. Il y a des dictatures qui sont souhaitables. La Chine de Mao Tsé-Toung ne me démentira pas. Aujourd’hui, nous voulons zéro cas positif. Au cas contraire, l’Etat d’urgence, la fermeture partielle et par intermittence des marchés ne suffiront plus et le Sénégal serait dans l’obligation d’aller vers le confinement. Le coronavirus est une maladie complexe qui ignore les frontières. L’augmentation des cas au niveau de la sous-région (Côte d’Ivoire, Burkina Faso) doit nous inquiéter au même titre que dans notre propre pays.
La lutte contre le coronavirus suppose la mise en synergie de plusieurs approches. Il faut un package de mesures comme l’utilisation des masques, un confinement ciblé ou total, des tests à grande échelle pour espérer venir à bout, ne serait-ce qu’au niveau national, de cette douloureuse crise du coronavirus.
Pr Moustapha SAMB
Enseignant/Chercheur
Cesti/Ucad
tafasamb@yahoo.fr

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