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Absent du procès pour une affaire de corruption au sein de l’Iaaf qui a débuté hier à Paris, Pape Massata Diack était bien présent dans les débats. Le fils de Lamine Diack a vu sa demande de renvoi rejetée par le juge qui a émis un troisième mandat d’arrêt international à son encontre.

Le procès tant attendu de Lamine Diack s’est ouvert, ce lundi, au Tribunal correctionnel de Paris. L’ancien maire de Dakar et président de la Fédération internationale d’athlétisme de 1999 à 2015 est poursuivi pour corruption, association de malfaiteurs, recel et blanchiment. Un procès qui a débuté ce lundi mais sans son fils, Papa Massata Diack, resté à Dakar, inculpé lui aussi dans cette affaire.
Malgré son absence, Diack-fils était au centre des débats pour avoir lancé le procès. D’abord par l’un de ses conseils, Me Beauquier, qui est revenu sur sa demande de renvoi du procès. En raison de la fermeture des frontières à cause du Coro­na­virus, ses collègues avocats, bloqués à Dakar, n’ont pu se rendre à Paris. Selon l’avocat français, ses homologues sénégalais «sont bloqués au Sénégal dans la mesure où ni la France ni le Sénégal n’ont ouvert leur espace aérien». Me Beauquier soulignant le fait que ce sont ces avocats qui avaient assisté leur client lorsqu’il avait été entendu par la justice sénégalaise dans le cadre de la commission rogatoire.
A l’exception de Lamine Diack, qui s’en est remis à la sagesse du Tribunal, les principales parties prenantes ont fait part de leur opposition à cette demande, qu’il s’agisse du procureur, des deux autres prévenus, Me Habib Cissé et du Docteur Gabriel Dollé, et des parties civiles que sont la Fédération internationale d’athlétisme et le Cio.
La présidente de la 32e chambre du Tribunal correctionnel de Paris, Mme Rose-Marie Hunault, a donc rejeté la demande de report présentée par Papa Massata Diack. Elle a insisté sur la nécessité d’observer un délai raisonnable pour juger l’affaire et rappelé que Diack-fils était représenté par son avocat français.

Me Moussa Sarr : «On aura droit à un procès à charge con­tre Massata Diack»
Un fait que l’un des avocats de Massata Diack, en l’occurrence Me Moussa Sarr, joint au téléphone par emedia.sn, dénonce avec énergie.
«Nous sommes très surpris de la décision du Tribunal qui a refusé notre demande de renvoi de ce procès. Parce que, tout le monde le sait, le procureur le sait : moi, en ma qualité d’avocat de Papa Massata Diack ainsi que mon confrère, Me Diack, nous sommes dans l’impossibilité absolue de nous déplacer à Paris en raison de la fermeture des frontières, de part et d’autre. A partir de ce moment, nous ne pouvons pas nous déplacer pour défendre nos clients. Donc, le renvoi s’imposait d’autant qu’à la dernière audience du 13 janvier nous nous étions déplacés et avions fait noter notre constitution et c’est le Parquet lui-même qui avait sollicité le renvoi au motif qu’il n’avait pas eu le temps de prendre suffisamment connaissance des éléments contenus dans la commission rogatoire internationale», a déclaré Me Sarr. Qui ajoute : «Aujourd’hui, les droits de la défense qui sont sacrés sont manifestement violés par le Tribunal correctionnel de Paris. On n’a pas droit, à l’égard de notre client, d’un procès juste et équitable. On aura droit à un procès à charge contre Pape Massata Diack. Ce qui est inadmissible pour un pays comme la France qui prétend être un pays des droits de l’Homme.»

«Le mandat d’arrêt n’est pas un enjeu dans cette affaire»
Par ailleurs, Me Moussa Sarr a indiqué qu’il n’y a pas eu second mandat d’arrêt contre son client. Ce débat, à son avis, est dépassé. «Le mandat d’arrêt n’est pas un enjeu dans cette affaire», soutient le conseil du fils de Lamine Diack.
Justement, la justice française a émis un troisième mandat d’arrêt international contre Pape Massata Diack dans l’affaire de corruption présumée des Mondiaux d’athlétisme au Qatar. Ce mandat d’arrêt international contre Diack-fils sera remis à l’autorité judiciaire compétente au Sénégal où il se trouve actuellement pour échapper aux poursuites de la justice française, a indiqué le juge de la 32e chambre correctionnelle du Tribunal de Paris.
Rappelons que Massata Diack était visé depuis le 18 avril 2019 par un nouveau mandat d’arrêt lancé par le juge Van Ruymbeke. Ce même juge avait lancé un premier mandat d’arrêt international le 17 décembre 2018 contre le dirigeant sportif sénégalais, mis en cause dans une affaire de blanchiment d’argent et de corruption.

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