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Dans le classement de l’Indice de perception de la corruption 2019 de Transparency international (Ti), le Sénégal n’a pas encore quitté la zone rouge. Il conserve le même score, 45/100, quatre années de suite.

Pour 2019, aucun avancement n’a été noté dans la lutte contre la corruption au Sénégal. C’est du moins ce qui ressort de l’Indice de perception de la corruption 2019 de Transparency international (Ti) qui affiche le score de 45 points sur 100 pour le Sénégal. Ce qui conforte la présence du pays dans la zone rouge, c’est-à-dire, en deçà de 50/100, avec un rang mondial de 66/180, soit 8ème en Afrique. Depuis quatre ans, cette zone rouge est restée infranchissable pour le Sénégal.
Analysant ces résultats, le Forum citoyen estime que «cela peut s’expliquer par le fait que, malgré les nouveaux dispositifs mis en place antécédemment, rien n’est fait depuis 2015, allant dans le sens du renforcement du cadre réglementaire de prévention et de lutte contre la corruption et la reddition des comptes. En effet, l’impunité qui garnit les rapports des corps de contrôle devient de plus en préoccupante au point de s’imposer en principe». Par ailleurs, note cette organisation de la société civile dans un document, «par rapport à une actualité dominante en 2019 au Sénégal, l’opinion s’attendait à ce que le supposé scandale relaté dans un reportage de la Bbc sur l’affaire Petro-Tim impliquant M. Aliou Sall, frère du Président Macky Sall», soit évoqué. Mais, constatent la coordinatrice générale, Dr Binette Ndiaye Mbengue, et ses collaborateurs, «ceci n’a pas produit d’effet sur le score du Sénégal du moment que ce dernier reste constant». Pour eux, «il ne serait pas faux de dire que, comme il s’agit d’une affaire pendante devant la justice, les institutions internationales n’ont pas voulu l’intégrer dans leurs appréciations pour cette année, en attendant de connaître le dénouement».
Dans un contexte de Dialogue national, l’organisation exhorte à «profiter de l’engagement pris par le Président Macky Sall d’appliquer tous les points de consensus qui sortiront de cette concertation. Ainsi, le Forum citoyen invite les acteurs, impliqués dans le processus, notamment dans la Commission en charge de la transparence et de la lutte contre la corruption, à faire un diagnostic approfondi du phénomène de la corruption et de l’impunité qui entachent la bonne gouvernance dans le pays, afin de proposer des recommandations fortes».
En attendant ces conclusions, Dr Binette Ndiaye et Cie rappellent «la nécessité de renforcer les moyens (financiers, humains) et l’autonomie des corps de contrôle, notamment l’Ofnac, conformément aux principes de Jakarta sur la nomination des membres et du fonctionnement des agences de lutte contre la corruption».
Dans le classement de l’Ipc 2019, «le premier mondial reste le Danemark avec un score de 88/100 (le même score depuis trois ans) sur 180 pays. En Afrique, le Botswana, avec un score de 61/100 (même score depuis trois ans), occupe la première place depuis sa première participation à l’Ipc en 1998». Avec un score de 58/100, le Cap-Vert occupe la première place dans l’espace Cedeao.

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