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Le gouvernement ivoirien a annoncé le lancement des nouvelles cartes d’identité biométriques pour octobre prochain. A l’aune de l’élection présidentielle de 2020, certains députés doutent de l’efficacité de ces cartes et s’inquiètent du coût pour les citoyens.

Les nouvelles cartes d’identité biométriques seront lancées à partir d’octobre 2019, a annoncé jeudi le ministre ivoirien de l’Intérieur, Sidiki Diakité, à l’Assemblée nationale. L’annonce était attendue, les précédentes cartes biométriques établies en 2009 arrivant à expiration cette année.
A quelques mois de la Présidentielle de 2020, certains observateurs estiment que le gouvernement a tardé à lancer les nouvelles cartes, obligatoires pour s’inscrire sur les listes électorales. Ils estiment que ce «retard» pourrait perturber les opérations de vote l’an prochain, pour un scrutin présidentiel qui s’annonce tendu.

Des cartes biométriques contestées
En Côte d’Ivoire, pays dont une partie importante des 25 millions d’habitants est issue de l’immigration, la question de la nationalité est extrêmement sensible depuis une vingtaine d’années, lorsqu’était apparu le contexte d’«Ivoirité», et que la nationalité ivoirienne de l’actuel Président Alassane Ouattara avait été contestée, l’empêchant de se présenter à la Prési­den­tielle de 2000.
Selon le ministre de l’Intérieur, les nouvelles cartes doivent répondre aux spécificités décidées en 2014 par la Com­mu­nauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour ses 15 Etats membres, afin de faciliter la libre circulation des personnes et améliorer la sécurité dans cette zone en proie à des attaques jihadistes croissantes.
Les données inscrites dans la puce électronique devraient permettre un usage «multifonctions», comme la carte de santé ou le permis de conduire, a également indiqué le ministre de l’Intérieur.

Frais de la carte
Des députés se sont également inquiétés du coût pour les Ivoiriens de cette nouvelle carte annoncée par le ministre à 5 000 francs Cfa (7,60 euros) – à quoi s’ajoute le coût pour établir les documents nécessaires à son établissement (acte de naissance, etc.) et les frais de transport. 40 à 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et le salaire minimum, pas toujours respecté, est de 60 mille francs Cfa.
Le choix de la société qui fabrique ces cartes, Semlex, fait aussi débat. L’entreprise a signé un contrat de douze ans en avril dernier avec les autorités ivoiriennes, au détriment de la société française Indemia. Non in­con­nue sur le continent, les députés pointent du doigt les affaires de corruption dans lesquelles cette société est assimilée, notamment en Rdc. De plus, la justice belge enquête actuellement sur Semlex dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent et de corruption présumés.
jeuneafrique.com

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