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La Cour pénale internationale (Cpi) compte toujours juger l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo. Cela, malgré l’amnistie que lui a accordée Alassane Ouattara et sa libération ce mercredi 8 août 2018.

La réaction de la Cour pénale internationale (Cpi) ne s’est pas fait attendre. Dans une interview accordée à Rfi, Fadi El Abdallah, porte-parole et chef de l’Unité des affaires publiques à la Cour pénale internationale, est revenu sur cette amnistie accordée par le Président Alassane Ouattara. «La Cour s’attend à ce que le gouvernement de la Côte d’Ivoire s’acquitte de ses obligations en vertu du Statut de Rome en exécutant le mandat d’arrêt contre madame Gbagbo et en la remettant donc à la Cpi, parce qu’il faut respecter les obligations en vertu du droit international et parce que la justice pour les crimes qui ont été énumérés dans le Statut de Rome, c’est un élément important pour parvenir à une paix durable», a déclaré le porte-parole de la Cpi. Il ajoute qu’il «faut séparer ce qui relève de la procédure nationale où l’amnistie peut être accordée, et ce qui relève de la procédure devant la Cour pénale internationale ; et là toute amnistie qui pourrait avoir été accordée n’a pas d’impact sur les procédures devant la Cpi», tient à préciser Fadi El Abdallah.
Donc pour les juges de La Haye, pas question de mêler politique et justice. Ils estiment que la libération de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, est une affaire politique. La Cpi entend donc traduire en justice Simone Gbagbo comme son mari, Lau­rent Gbagbo, actuellement en détention à La Haye.
On se rappelle encore les propos de l’avocat de Simone Gbagbo, Me Rodrigue Dadjé, qui, à l’annonce de l’amnistie de sa cliente, avait annoncé l’introduction d’une requête auprès la Cpi aux fins d’annuler la procédure enclenchée contre Mme Gbagbo. Cette sortie de Fadi El Abdallah sonne comme une réponse à cette sortie de la défense de l’épouse de l’ex-Président ivoirien.
Il faut aussi dire que les choses se compliquent davantage pour l’ancienne Première dame, à peine est-elle sortie de prison que des organisations nationales et internationales de défense des droits humains ruent dans les brancards pour décrier sa libération. Le «groupe des 11 organisations» s’est indigné de la décision du Président Ouattara et a même qualifié cette amnistie de «mé­pris» vis-à-vis des victi­mes des crimes commis pendant la crise.
Simone Gbagbo est poursuivie par la Cour pénale internationale (Cpi) qui a délivré contre elle un mandat d’arrêt international en février 2012. Mais le Président ivoirien, Alassane Ouattara, avait affirmé en 2016 qu’il «n’enverrait plus d’Ivoirien» à la Cpi.
ndieng@lequotidien.sn

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