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Depuis mardi, les démobilisés se font discrets à Bouaké en Côte d’Ivoire. Après la mort de quatre des leurs au Corridor Sud, à l’entrée de la ville, ils réfléchissent à la suite de leur mouvement et attendent un contact du gouvernement.

Diomonde Megbe dit craindre pour sa vie. Il a le sentiment d’être entre le marteau et l’enclume, considéré par les autorités comme le fauteur de troubles et par sa base comme vendu au gouvernement parce qu’il prône la négociation et non la fermeté, même depuis la mort de leurs quatre compagnons : «Présente­ment, tout le monde est excité par rapport à la mort de nos frères au Corridor. Et hier, j’ai été obligé de faire une déclaration à la télévision pour dire à tous les ex-combattants de se calmer et de rester tranquilles. Nous allons négocier avec le pouvoir en place pour avoir gain de cause. Si nous rentrons dans la violence, on ne pourra rien régler. Même quand on finit une guerre, on vient s’asseoir et on discute. On trouve des solutions.»
Les 6 400 démobilisés exigent 18 millions de francs chacun. Ils ne veulent plus entendre parler de projet de réinsertion, comme ceux qui leur avaient été proposés à l’issue du désarmement puisque, selon Diomonde Megbe, les fonds débloqués à l’époque pour les financer avaient été détournés par des intermédiaires : «On nous a dit que la réinsertion faisait déjà 2,5 millions (de francs Cfa). A notre grande déception, on n’a reçu que 800 mille. Le formateur prend pour lui, celui qui vient parler prend pour lui, celui qui fait les papiers prend pour lui. Il nous reste 800 mille. Nous ne voulons plus jamais de projet.»

Fonds… et forme
Hier, Diomonde Megbe dit avoir appelé les ex-combattants dans plusieurs villes du pays pour empêcher qu’ils ne se soulèvent. Mais il attend avant tout un peu de considération de la part du gouvernement et un coup de fil pour discuter : «On va négocier. On va parler. Ils vont nous donner ce qu’ils peuvent nous donner et on va les prendre. C’est la manière de nous parler maintenant qui peut nous intéresser. Puis, on va accepter. Je demande à tous les ex-combattants de rester tranquilles, de rentrer chez eux. Nous allons trouver une solution dans la négociation. Nous n’avons pas d’armes. Nos armes, ce sont nos bouches et les pieds pour marcher.»
rfi.fr

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