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Des membres de la garde républicaine, à Abidjan ce 13 mai 2017.

Après une nouvelle journée de crise en Côte d’Ivoire, le gouvernement a annoncé qu’un accord de sortie de crise avait été trouvé avec les mutins.

L’annonce a été faite à la télévision nationale, en début de soirée ce lundi 15 mai, par le ministre ivoirien de la Défense, Alain-Richard Donwahi. «A l’issue des échanges, un accord a été trouvé sur les modalités de sortie de crise» avec les soldats mutins, a-t-il déclaré, sans donner pour autant plus de détails sur le contenu de l’entente.
«Par conséquent, nous appelons l’ensemble des soldats à libérer les corridors (entrées de villes), à retourner dans les casernes et à veiller à la quiétude des populations», a poursuivi le ministre. Sera-t-il entendu ? Difficile à dire. La précédente annonce d’un «accord» actant le «renoncement (des mutins) à toute revendication d’ordre financier» faite par le sergent Fofana, présenté comme l’un de leurs porte-paroles, lors d’une cérémonie enregistrée au Palais présidentiel et retransmise jeudi 11 mai à la télévision nationale, avait ravivé la colère des soldats concernés.

Abidjan et Bouaké, les plus touchées
«La solution pour sortir de la crise ? L’argent, rien que l’argent», expliquait à Jeune Afrique un des mutins joint par téléphone lundi 15 mai, alors que la tension franchissait un nouveau cap en Côte d’Ivoire et que les troubles touchaient de nombreuses villes du pays. A Korhogo (Nord), Bondoukou (Est), Man (Ouest), San Pedro (Sud), des tirs sporadiques ont été entendus, mais c’est surtout Abidjan, la capitale économique, et Bouaké, la deuxième ville du pays, qui ont été les plus touchées.
A Abidjan, les troubles se sont concentrés autour d’Akouédo, où se trouve le plus important camp du pays, et du camp Gallieni, situé au Plateau, centre économique et politique. De nombreux axes alentours ont été barrés par les mutins. Bouaké, épicentre de la contestation, était quant à elle toujours aux mains des mutins qui se livraient à des vols et des rackets.

Deux villes au ralenti
Les deux villes ont tourné au ralenti. La plupart des banques sont restées fermées, de nombreuses entreprises et institutions internationales ont demandé à leurs employés de rester chez eux, les établissements scolaires français sont restés fermés et le seront également ce mardi. Dès lundi matin, l’ambassade française a mis en garde les ressortissants contre tout déplacement dans les quartiers touchés à Abidjan, dont le camp de Gallieni, situé dans le quartier des affaires du Plateau, la base navale et le camp d’Akouédo où les mutins ont érigé un barrage lundi matin.
Les conséquences économique de cette nouvelle mutinerie se font déjà sentir pour de nombreux Ivoiriens qui n’ont pu travailler, suscitant l’exaspération chez plusieurs commerçants que Jeune Afrique a pu joindre.

Revendications financières : Les mutins ne décolèrent pas depuis l’annonce de leur «renoncement à toute revendication d’ordre financier» faite par le sergent Fofana, censé être un de leurs porte-paroles, le 11 mai. Ces anciens rebelles qui ont soutenu Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010-2011 avant d’intégrer l’Armée réclament le paiement des primes promises par le gouvernement après les mutineries de janvier qui ont secoué le pays. Les revendications s’élèvent à 12 millions de francs Cfa de primes (18 mille euros).

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