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Contrairement aux opposants sénégalais, Mamadou Lamine Diallo et Abdoul Mbaye, qui ne sont pas mécontents du départ du Président IBK du pouvoir, leurs homologues maliens jouent la carte de la prudence et demeurent «profondément attachés à la démocratie comme mode de dévolution et d’exercice du pouvoir».

Au moment où une partie de l’opposition sénégalaise (Mamadou Lamine Diallo et Abdoul Mbaye, membres du Congrès de la renaissance démocratique (Crd)) jubile à la suite de la démission du chef de l’Etat malien, Ibrahim Boubacar Keita, l’opposition malienne reste, quant à elle ; circonspecte face à la situation qui prévaut dans son pays. D’après des sites internets, le post sur son compte Twitter du leader du Mouvement Tekki n’était rien d’autre que «j’avais souhaité le départ d’IBK après l’échec de la Cedeao. C’est chose faite». Sur la même situation, le leader du parti Act souligne dans un post sur son compte Twitter aussi qu’il n’est pas trop tard pour la Cedeao de se remettre dans le sens de l’histoire.
La prudence du M5-Rsp transparaît, en effet, dans un communiqué rendu public hier par le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-Rsp). Dans ce document, l’opposition malienne, qui a combattu Ibk aux côtés de l’Imam Mahmoud Dicko et des autres composantes de la Société civile, «prend acte de l’engagement d’ouvrir une transition politique civile contenue dans la déclaration du Comité national pour le salut du Peuple (Cnsp)». La coalition dit demeurer «profondément» attachée «à la démocratie comme mode de dévolution et d’exercice du pouvoir». Ce qui la pousse à entreprendre «toutes les initiatives» pour que le Mali «puisse amorcer une véritable refondation de son système politique et de gouvernance à travers l’ouverture d’une Transition républicaine et l’élaboration d’une Feuille de route dont le contenu sera convenu avec le Cnsp et toutes les forces vives du pays».
Tout en se félicitant de la démission du Président IBK et de la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement, le M5-Rsp évite de tomber dans l’euphorie. Puisqu’il «salue l’engagement héroïque et patriotique» des Maliens de la Diaspora et ceux restés au pays, «de toutes les forces sociales et politiques ainsi que des femmes, jeunes» et de leur «autorité morale, l’imam Mahmoud Dicko qui, en dépit des agressions, tueries et condamnations judiciaires expéditives, ont enclenché ce combat patriotique pour sauver notre Nation de l’emprise du régime sanguinaire, incompétent et corrompu de M. Ibrahim Boubacar Keita dont le système de prédation, l’entêtement et le déni de la gravité de la crise menaçaient dangereusement l’existence du Mali en tant qu’Etat, Nation, Démocratie et République laïque».
La coalition de l’opposition et de la Société civile rend aussi hommage «aux vingt-trois morts et centaines de blessés lors des journées des 10, 11 et 12 juillet 2020, tous victimes de la barbarie répressive et meurtrière du régime IBK». Celui-ci est accusé par le M5-Rsp d’avoir «lâchement retourné les armes létales de la Force spéciale antiterroriste (Forsat) contre les manifestants aux mains nues dans les rues, domiciles, lieux de culte».
Pour autant, le M5-Rsp, qui «demande la libération de (l’opposant) Soumaïla Cissé», ne compte pas laisser ce constat en l’état. Puisqu’il a décidé de suivre «les actions et poursuites judiciaires contre les auteurs, commanditaires et complices» de ces «tueries et exactions commises par la Forsat et autres agents de répression à Sikasso, Kayes et Bamako».
Condamnant les actes de violence et de destruction de biens publics et privés, le M5-Rsp va organiser demain vendredi à la Place de l’Indépendance de Bamako, «un grand rassemblement patriotique pour rendre hommage au Peuple malien pour sa lutte héroïque».

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